Menu

DADA. L’avant-garde comme expérimentation.

Les expositions sur les Avant-Gardes au Bozar, au Musée d’Art Ancien et à Hôte Gallery à Bruxelles ainsi qu’un séjour à Zurich m’ont familiarisé avec Dada, né pendant la première guerre mondiale, précurseur du Surréalisme et de Cobra. Comment son esprit se perpétue-t-il en  2018 ?

1. Tristan Tzara et Dada – Contexte

540630_10151569595946385_2103035995_n

Tristan Tzara

Tristan Tzara, figure de proue de Dada, développe son art en même temps que Chagall en Russie et Delaunay à Paris.

30740530_1884226731876305_6759089506813483214_n

“La Violiniste”(1910), Marc Chagall (Arts&Emotions)

A Vitebsk,  Malevitch, invité par Chagall, attire peu à peu ses élèves et écrit ses manifestes les plus intransigeants : «Ainsi crèveront les cultures les unes après les autres, et il n’y aura jamais de repos, car où donc est-on plus tranquille que dans le cercueil, mais là-bas non plus il n’y a pas de repos. De la recherche des commodités vient la rupture avec la nature ou bien avec la raison intuitive qui ne pense pas du tout à ce que l’homme vive commodément.» Une photo du 5 juin 1920 le montre, entouré de ses étudiants du mouvement Ounovis («affirmation du nouveau en art»). Leur emblème est le carré noir : il est dessiné sur les mains ou les manches, comme la marque d’une secte. L’art nouveau n’a plus besoin de la nature, des objets, ni même de l’idée futuriste de la technique : «Le carré est un enfant royal plein de vie. C’est le premier pas de la création pure en art. Avant elle, il y avait des laideurs naïves et des copies de la nature.» Malevitch écrit ses sentences en allant à la ligne après chaque phrase, comme les versets d’une nouvelle Bible. Elles prennent aussitôt forme : deux splendides compositions suprématistes, croix rouge sur cercle noir, rectangle noir sur rectangle rouge, forment l’aimant de cette exposition si riche en surprises. Leur puissance nette, intérieure, mystique de la forme, paraît soudain lessiver tout le charme des représentations, tout le flottement du souvenir.
A Vitebsk, Chagall a grandi. Il y fonde, le 28 janvier 1919, la nouvelle école d’art révolutionnaire. Elle s’installe dans un élégant hôtel particulier, saisi à un banquier juif. Plus tard, le bâtiment échappera aux bombardements allemands. Chagall a 32 ans. On pourrait dire que sa conception d’une école d’art est sociale-démocrate : ouverte à tous les styles, des plus classiques aux plus nouveaux. Lui-même reste attaché à un certain type de peinture figurative : ce mélange coloré, sensuel, tendre, d’onirisme, de caricature et de folklore (les «laideurs naïves» dont parle Malevitch), piqué par les angles aigus du nouveau monde, fouetté par le cubisme, le futurisme et l’abstraction naissante. Il est alors à son meilleur, il ne coule pas encore, comme un vieux camembert, dans l’excès de gouache. Au-dessus de la ville (1914-1918), N’importe où hors du monde (1915-1919), Hommage à Gogol (1917), L’homme qui marche (1914 ou 1918), Profil à la fenêtre (1918), Composition à la chèvre (1917) : il sait d’où il vient et il sait où il va.

(https://www.erudit.org/fr/revues/pr/2000-v28-n2-pr2783/030595ar.pdf)

33460071_1678961208824767_6195955263279726592_n

Robert Delaunay, La Tour Rouge (1911-1912; New York, Guggenheim Museum).

“En 1910, influencé par le cubisme, notamment celui de Cézanne, Robert Delaunay réduit sa palette de couleurs jusqu’au monochrome, puis, sous l’influence de Sonia, il réintroduit les couleurs chaudes. Dès 1912, il se tourne vers l’orphisme avec sa série des Fenêtres (conservées au musée de Grenoble et au Philadelphia Museum of Art). Avec Sonia Delaunay, il crée le simultanéisme, basé sur la loi du contraste simultané des couleurs. Il entre en correspondance avec le pionnier de l’abstrait Vassili Kandinsky, dont le texte théorique Du spirituel dans l’art (que Sonia lui traduit de l’allemand) va beaucoup l’influencer et le guider. Les deux artistes s’entraident également pour obtenir des places dans les expositions et dans la critique ; ils sont véritablement des amis. C’est grâce à Kandinsky que Delaunay peut être exposé à Moscou, et où il présente trois œuvres sans titre.” (Wikipédia)

Le “Cabaret Voltaire” se crée à l’enseigne de la philosophie. Andrei Codrescu, à propos de Dada, cite Deleuze, commenté par Verstraeten, on s’en souvient.

30628895_10214846223243299_2677076574708170752_n

Recueil de textes inédits de Pierre Verstraeten

“Le Cabaret Voltaire est un lieu de culture situé au numéro un de la petite Spiegelgasse, à Zurich, la rue où demeura Lénine. Actif pendant six mois, de février à juillet 1916, il finit par fermer ses portes pour tapage nocturne et tapage moral, non sans avoir dans l’intervalle fait émerger le mouvement Dada. L’idée du nom est née d’une plaisanterie fondée sur le décalage apparent entre les mots « cabaret » (la nuit et ses supposés vices) et « Voltaire » (le philosophe).

Depuis 1914, une association de jeunes artistes (taxés de dangereux socialistes et anarchistes par les autorités) se déplace de cafés en cafés sous le nom de « Cabaret Pantagruel ». Hugo Ball, membre de cette association, découvre par hasard un petit bistrot nommé la « Métairie hollandaise ». Il demande à son patron d’utiliser une salle désaffectée et le , sous l’enseigne « Cabaret Voltaire », il ouvre les portes d’un lieu appelé à devenir mythique.

Le peintre Marcel Janco, en balade dans le vieux Zurich, entend de la musique dans une boîte de nuit ; il y rencontre Ball qui y joue du piano. Après avoir sympathisé, il le met en relation avec ses amis, tels que le poète Tristan Tzara et le peintre Jean Arp qui contribuent à la notoriété du cabaret.

Ball manquant d’argent pour réaliser des travaux, il demande à ses amis artistes de lui prêter des œuvres pour décorer les murs du cabaret. C’est ainsi que se retrouvent exposés quelques figures de l’avant-garde, notamment Modigliani, Picasso, Kandinsky, Klee, Jawlensky, Léger ou Matisse. C’est dans cet endroit sombre et dépouillé, tapissé de tableaux futuristes, cubistes et expressionnistes, que se réunissent de jeunes artistes zurichois de toutes tendances pour participer à des représentations musicales et littéraires.

Le contexte historique explique aussi l’émergence de l’avant-garde artistique en cet endroit. Alors que dans le reste de l’Europe fait rage la première Guerre mondiale, Zurich s’avère un havre de liberté où peuvent se retrouver réfugiés, révoltés, intellectuels et artistes. Cabaret voltaire est enfin le nom de la première publication zurichoise du futur groupe Dada, publiée par Hugo Ball le

A Bruxelles, en 2018, la commémoration des républiques centenaires d’Europe centrale perpétue aussi le Dadaïsme.

Miřenka Čechová – Agnija Šeiko – Johanne Saunier – Brynjar Åbel Bandlien – Florin Flueras – Monika Drozyńska – Katarzyna Chmielewska – Jakub Truszkowski – Leszek Bzdyl– Katarzyna Ustowska – Anna Steller – Piotr Stanek – Markéta Vacovská – Zsolt Sorés – Stanislav Dobak – Jamie Lee – Ine Claes Pour plus d’infos sur le projet, cliquez ici > 

Photos : Jp Legrand

Des artistes d’Autriche, de Hongrie, de Lituanie, de Pologne, de République tchèque, de Roumanie et de Slovaquieaccompagnés d’artistes belges ont créé une exposition-performance – taillée sur mesure pour le bâtiment du Palais des Beaux-Arts – qui a pour thème majeur le centenaire de l’indépendance des États d’Europe centrale. L’idée au centre de ce projet était de réunir des artistes des pays créés à la fin de la Première Guerre mondiale  – « La guerre pour mettre fin à toutes les guerres » pour citer H.G. Wells – après la signature du traité de Versailles. Ces artistes ont réfléchi à tous les changements formatifs qui ont eu lieu au cours de ces 100 dernières années dans leurs pays respectifs, dans la nouvelle Europe ou dans la société en général. Années de l’avant-garde et leur héritage, la vie et le travail de trois générations, la recherche de l’égalité en faveur des femmes… Le public est invité à se déplacer au gré de ses envies entre les spectacles de danse, les performances et les installations vidéo qui seront proposés en boucle de 90 minutes. Les spectateurs organiseront cette « visite » de l’installation dans l’ordre de leur choix.

A Zurich, j’ai parcouru des catalogues d’exposition et des ouvrages sur Dada.

 

2. Publications récentes à propos de DADA.

L’ouvrage de Tom Sandqvist souligne les racines roumaines de Dada.

Dada—perhaps the most famous and outrageous of modernism’s artistic movements—is said to have begun at the Cabaret Voltaire, a literary evening staged at the restaurant Meierei in Zurich on February 5, 1916. The evening featured stamping, roaring, banging on the lids of pots and pans, and the recitation of incomprehensible “poemes simultanes.” Thus a global revolution in art and culture was born in a Swiss restaurant. Or was it?

In Dada East, Tom Sandqvist shows that Dada did not spring full-grown from a Zurich literary salon but grew out of an already vibrant artistic tradition in Eastern Europe—particularly Romania—that was transposed to Switzerland when a group of Romanian modernists settled in Zurich. Bucharest and other cities in Romania had been the scene of Dada-like poetry, prose, and spectacle in the years before World War I. One of the leading lights was Tristan Tzara, who began his career in avant-garde literature at fifteen when he cofounded the magazine Simbolul. Tzara—who himself coined the term “Dada,” inspired by an obscure connection of his birthday to an Orthodox saint—was at the Cabaret Voltaire that night, along with fellow Romanians Marcel, Jules, and Georges Janco and Arthur Segal. It’s not a coincidence, Sandqvist argues, that so many of the first dadaist group were Romanians. Sandqvist traces the artistic and personal transformations that took place in the “little Paris of the Balkans” before they took center stage elsewhere, finding sources as varied as symbolism, futurism, and folklore. He points to a connection between Romanian modernists and the Eastern European Yiddish tradition; Tzara, the Janco brothers, and Segal all grew up within Jewish culture and traditions.

For years, the communist authorities in Romania disowned and disavowed Romania’s avant-garde movements. Now, as archives and libraries are opening to Western scholars, Tom Sandqvist tells the secret history of Dada’s Romanian roots. In almost encyclopedic you-are-there detail, Sandqvist, a professor of art history in Stockholm, convincingly shows that Dada did not emerge fully formed in Zurich but grew out of an already active Romanian avant-garde…. Tracing the careers of these remarkable group of men and women against a richly woven background of their competing yet complementary Yiddish, Eastern Orthodox, modernist, and folkloric traditions was a massive task of intellectual archeology, which Sandqvist has accomplished with ease. In particular, his explorations of archives long hidden by Romania’s Communist government provide an unprecedented depth of contextual information about of the art history’s most influential movements.

28056228_10215607836372161_3291877589397061524_n

Tom Sandqvist, Dada East, The Romanians of Cabaret Voltaire, MIT Press, 2006

 

 

 

 

 

 

 

28575897_1604830436237845_239131450755943913_n

Constantin Brancusi (“Le baiser”) appartenait au cercle d’amis de Tristan Tzara.

27971778_10215607840012252_4876042813557447454_n

Joods Historisch Museum, Van dada tot surrealisme. Joodse avant-garde kunstenaars uit Roemenië, 1910-1938

numéro un de la petite Spiegelgasse, à Zurich

L’exposition au Musée Juif à Amsterdam rappelle les oeuvres de Victor Brauner (1903-1966), Marcel Janco (1895-1984), Max Herman Maxy (1895-1971)et Arthur Segal (1875-1944), mais à Strasbourg et Zurich, c’est Tristan Tzara qui est mis en valeur.

Tzara, L’Homme approximatif, sous la direction d’Hubert Juin

«On a dit que Dada débouchait sur le “néant”. C’est mal voir et comprendre Dada en même temps que Tzara : le mouvement et les œuvres établissent le “chaos”. Devant un monde dont l’ordre était inacceptable, il fallait dresser les leçons de l’extrême désordre. Cela se fit, par Tzara, de Zurich à Saint-Julien-le-Pauvre.
Ce que Tristan Tzara, venu de Roumanie, avait dans le cœur lors des premières manifestations du cabaret Voltaire, et qu’il conservera jusqu’à la fin sous la tente à oxygène, c’est la volonté d’une écriture capable de ne plus mentir :

nous avons déplacé les notions et confondu leurs vêtements avec leurs noms
aveugles sont les mots qui ne savent retrouver que leur place dès leur naissance
leur rang grammatical dans l’universelle sécurité
bien maigre est le feu que nous crûmes voir couver en eux dans nos poumons
et terne est la lueur prédestinée de ce qu’ils disent…

ces vers qui sont dans L’Homme approximatif soulignent à merveille ce long effort, cette ascèse, ce renfermement de deux années, bref, la vocation, la destination et la signification de ce poème ininterrompu. Il est juste de marquer que ce chef-d’œuvre – si l’on veut à toute force mettre des étiquettes périssables sur des événements qui ne le sont pas – est chef-d’œuvre, manifestement, du surréalisme. Cette affirmation juste est cependant une constatation fort banale. Je m’explique : dans ce tournant qui va de Dada au surréalisme, il n’y a pas, chez Tristan Tzara, rupture ou déchirement. Les mille anecdotes de la petite histoire littéraire (et qui ont leur importance) auraient tendance à nous cacher l’essentiel, qui est que Tzara, obéissant à cette logique supérieure qui n’est plus la logique commune, à cette raison autre qui n’est plus captive des infortunes du rationalisme étroit, poursuit – beaucoup plus solitaire que les documents ne le donnent à penser –, sa propre route. Il vient, hier, de tordre le cou à l’écriture, de la briser comme une canne en cent éclats sur son genou. Il a démontré les impostures du langage, les ridicules du poème, les vanités de l’apparat critique. Voilà qui est fait. La page est enfin blanche, et tellement qu’elle n’est plus une feuille de papier, mais une feuille d’arbre, un arbre, une main, une femme, un oiseau, la nuit. On écrit avec tout sur tout, voici la leçon. C’est alors, et dans ce temps, que Tzara se met à L’Homme approximatif, inventant l’écriture

dans une autre langue que celle dont nous sommes couverts…»

Hubert Juin.

Spiegelgasse, 1, Zurich…, Photos : Jp Legrand

Et maintenant, un ouvrage plus spéculatif :

“This is a guide for instructing posthumans in living a Dada life. It is not advisable, nor was it ever, to lead a Dada life.”–The Posthuman Dada Guide.

The Posthuman Dada Guide is an impractical handbook for practical living in our posthuman world–all by way of examining the imagined 1916 chess game between Tristan Tzara, the daddy of Dada, and V. I. Lenin, the daddy of communism. This epic game at Zurich’s Café de la Terrasse–a battle between radical visions of art and ideological revolution–lasted for a century and may still be going on, although communism appears dead and Dada stronger than ever. As the poet faces the future mass murderer over the chessboard, neither realizes that they are playing for the world. Taking the match as metaphor for two poles of twentieth- and twenty-first-century thought, politics, and life, Andrei Codrescu has created his own brilliantly Dadaesque guide to Dada–and to what it can teach us about surviving our ultraconnected present and future. Here dadaists Duchamp, Ball, and von Freytag-Loringhoven and communists Trotsky, Radek, and Zinoviev appear live in company with later incarnations, including William Burroughs, Allen Ginsberg, Gilles Deleuze, and Newt Gingrich. The Posthuman Dada Guide is arranged alphabetically for quick reference and (some) nostalgia for order, with entries such as “eros (women),” “internet(s),” and “war.” Throughout, it is written in the belief “that posthumans lining the road to the future (which looks as if it exists, after all, even though Dada is against it) need the solace offered by the primal raw energy of Dada and its inhuman sources.”

Andrei Codrescu is an award-winning writer and National Public Radio commentator. His latest books are Jealous Witness: New Poems and New Orleans, Mon Amour: Twenty Years of Writing from the City (Algonquin). The author of many essay collections, including The Disappearance of the Outside, he is the MacCurdy Distinguished Professor of English at Louisiana State University.

Enfin, l’exposition de Zurich :

Dadaglobe Reconstructed reunites over 100 works created for Dadaglobe, Tristan Tzara’s planned but unrealized magnum opus, originally slated for publication in 1921. An ambitious anthology that aimed to document Dada’s international activities, Dadaglobe was not merely a vehicle for existing works, but served as a catalyst for the production of new ones. Tzara invited some 50 artists from 10 countries to submit artworks in four categories: photographic self-portraits, photographs of artworks, original drawings, and layouts for book pages. The exhibition brings together these photographs, drawings, photomontages, and collages, along with a selection of related archival material, to reconstruct this volume. Though never published, due to financial and organizational difficulties, Tzara’s project addresses concerns about art’s reproducibility that continue to be relevant today.

The exhibition is organized by Kunsthaus Zürich in collaboration with The Museum of Modern Art, New York, with the special participation of the Bibliothèque littéraire Jacques Doucet.Organized at MoMA by Adrian Sudhalter, Guest Curator, and Samantha Friedman, Assistant Curator, Department of Drawings and Prints.

 

27973136_10215607835852148_9214694604024696778_n

Kunsthaus Zürich in collaboration with The Museum of Modern Art, New York, with the special participation of the Bibliothèque littéraire Jacques Doucet.

 

 

 

 

28577188_1393282057450572_7154921947122834212_n

3. Les Avant Gardes, permanences

En 1958, Marcel Mariën, artiste surréaliste, successeur de Dada, élabore un programme de renversement du capitalisme à l’échelle internationale. Pour mener à bien ce projet réalisable en un an, il lui faut trouver 300 hommes. Dans une intention performative, il détaille ce plan dont il ne cache pas qu’il est voué à l’échec.

Revenons aux années vingt.

La Nouvelle Objectivité se développa beaucoup plus tôt, vers 1925, dans plusieurs grandes villes de l’Allemagne et réunit alors beaucoup de grands artistes et intellectuels qui, provenant souvent du mouvement dadaïste, ont fortement pris conscience de leur responsabilité politique et de leur « devoir contestataire ».

Cette appellation a été inventée en 1925, à la suite d’une exposition très médiatisée et qualifiée de post-expressionniste, qui s’est tenue à la Kunsthalle de Mannheim. Les principaux artistes exposants sont Max Beckmann, Otto Dix, George Grosz , Alexandre Kanoldt, Georg Schrimpf et Niklaus Stoecklin.

La Nouvelle Objectivité n’a ni programme ni manifeste, contrairement au surréalisme qui se développe à la même époque en France. Elle se divise toutefois en deux branches bien distinctes qui, chacune à sa manière, affichent une même volonté, après certains débordements expressionnistes, de revenir au réel et au quotidien. Le clivage s’inscrit d’abord sur le plan politique : la branche dite « de droite », raccordée à Karlsruhe et Munich, retourne ainsi à un classicisme harmonieux et intemporel alors que, la branche de gauche, centrée sur « Berlin la rouge », s’engage radicalement dans une vision froide et cynique de la société. Vers 1930, le mouvement dépasse les frontières de l’Allemagne.

Cependant, outre ce clivage politique, trois courants formels peuvent également être distingués. Ils peuvent être qualifiés de :

  • vériste : ancré dans le politique et le social, donnant des représentations entre cynisme et cruauté ;
  • classique : le peintre Giorgio de Chirico, rattaché au surréalisme, en est quasiment l’archétype ;
  • magico-réaliste : introduit par Franz Roh, ce troisième courant interne constitue parfois un pont avec le surréalisme (veine fantastique, sciences parallèles, l’irrationnel, etc.).

D’un point de vue global, la Nouvelle Objectivité se caractérise par une volonté de représenter le réel sans fard. « Entre jugement et constat », elle tend à la société malsaine et corrompue de l’après-guerre un miroir froid. L’art lui sert d’arme.

En photographie, ce mouvement s’est caractérisé par sa forte dimension sociale et son refus du pictorialisme. En peinture, les mêmes préoccupations sociales aboutissent à des œuvres parfois aux limites de la caricature. D’autres domaines comme le cinéma, la littérature, la musique, le graphisme et l’art décoratif s’entrouvrent à la Nouvelle Objectivité.

Liés à la République de Weimar, les artistes de la Nouvelle Objectivité seront nombreux à être pointés du doigt comme « artistes dégénérés » par le régime nazi. C’est pourquoi d’ailleurs le mouvement s’éteint en 1933, avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir. De nombreux artistes choisissent alors l’exil.
En France les premières expositions consacrées à ce courant se sont tenues à Saint-Étienne et à Chambéry en 1974. Il y eut ensuite l’exposition “Paris-Berlin 1900-1933” de 1978 (M.N.A.M. Paris) dans laquelle “La Nouvelle Objectivité” fut très présente.

Dada se situe bien dans une continuité, celle de l’innovation illustrée par Monet.

 

32105250_2845246005501105_5118825801004875776_n

Claude Monet, La cathédrale de Rouen au soleil couchant

 

4. Arts et guerres.

Dada est fondé pendant la première guerre mondiale des souffrances du combat; le génie de Rimbaud s’exprime lui pendant la guette franco-prussienne.

29570447_822396754618783_9202456334767311925_n

Le Dormeur du val est un sonnet en alexandrins d’Arthur Rimbaud. Ce poème est le premier du second Cahier de Douai (ou Recueil Demeny). Le poème est composé de rimes croisées (ABAB) pour les 8 premiers vers, d’une rime plate (AA) aux vers 9-10 et d’une rime embrassée (ABBA) aux vers 11-14. Il est daté sur le manuscrit « octobre 1870 ». Premières publications : Anthologie des poètes français, tome IV, Lemerre, 1888 ; Reliquaire, Genonceaux, 1891 ; Poésies complètes, Vanier, 1895. Ce poème, le Dormeur du Val, est un des plus connus du poète, bien qu’il présente une esthétique encore peu innovante : utilisation du sonnet, de l’alexandrin, de la rime. On est de fait encore loin de la modernité d’Une Saison en enfer ou des Illuminations, dernières œuvres du poète, et de l’audace des images qu’il offre dans Le Bateau ivre, composé seulement un an plus tard. Le Dormeur du val n’en demeure pas moins un poème très abouti, et qui montre chez l’auteur une grande maîtrise des règles de versification – ce qui peut étonner à seize ans à peine. Ce poème est sans doute inspiré au jeune Rimbaud, 16 ans à l’époque, par la guerre franco-prussienne de 1870, et plus particulièrement par la bataille de Sedan scellant la défaite française le 3 septembre 1870 à moins de 20 kilomètres de Charleville, son lieu de résidence à l’époque. Cette scène, un soldat mort au milieu d’une nature omniprésente et accueillante, suscite effectivement l’indignation de Rimbaud. Il est cependant peu probable que celui-ci ait réellement assisté à ce qu’il décrit. Dans ce contexte, Rimbaud a pu vouloir évoquer un déserteur qui a été exécuté ou un soldat grièvement blessé dans les combats qui est venu dans ce lieu idyllique pour mourir. tranquillement (Wikipédia).

Le choc de la première guerre mondiale, Roger Martin du Gard le décrivit à merveille dans Les Thibault

Après la Première Guerre mondiale, Roger Martin du Gard conçoit le projet d’un long roman-fleuve (ou roman de longue haleine) dont le sujet initial s’intitule « deux frères ». De fait, le roman en huit volumes, qui sera ensuite intitulé Les Thibault, va l’occuper des années 1920 à 1940, date de publication du dernier volume, Épilogue. De nombreux souvenirs d’enfance vont marquer cette saga notamment quand, entre 1890 et 1895, il habita Maisons-Laffitte dans une maison de l’avenue Albine au no 26, qui porte actuellement une plaque gravée de marbre blanc sur un des deux piliers du portail. À travers l’histoire de Jacques et Antoine Thibault qui sont liés à la famille de Fontanin, le romancier fait le portrait d’une classe sociale, la bourgeoisie parisienne, catholique ou protestante, universitaire, mais aussi en révolte dans le cas de Jacques Thibault, apprenti écrivain qui découvre le socialisme. Conçus comme une conclusion à une œuvre dont la réalisation menaçait de durer trop longtemps, les deux derniers volumes sont consacrés à la disparition des deux héros et mettent l’accent sur la Première Guerre mondiale. L’Été 1914 décrit la marche à la guerre que ne peuvent empêcher ni les socialistes, ni les autres groupes pacifistes : révolutionnaire de cœur, Jacques Thibault ne saura que se sacrifier en lançant sur les tranchées un appel à la fraternisation des soldats allemands et français. Racontant la lente agonie d’Antoine Thibault gazé pendant le conflit, Épilogue évoque la « marche à la paix » et s’interroge sur les propositions du président Wilson qui aboutiront à la création de la Société des Nations  (Wikipédia).

Mad meg.jpg

Pieter Brueghel l’Ancien, Dulle Griet,vers 1562, musée Mayer van den Bergh, Anvers

31945526_10215014656574027_6137847224803000320_n

“La Guerre”, 1943, huile sur toile, 106 x 76 cm. Paris, Centre Pompidou, don de l’artiste en 1953, en dépôt au musée d’Art moderne de Céret (Pyrénées-Orientales).

Et Chagall, comme Magritte, ressentirent les malheurs de la seconde guerre mondiale.

33447258_10215151876484439_9022197980618293248_n

Magritte, Golconde, 1953

Golconde est un tableau de René Magritte peint en 1953. Il en existe plusieurs versions dont l’une fait partie de la Menil Collection à Houston. Une esquisse de petite taille est l’une des nombreuses œuvres du legs ScutenaireHamoir aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles.

C’est un tableau surréaliste (80 x 100 cm) qui représente de manière répétée, quasiment obsédante et symétrique, un homme très impersonnel, un peu raide, qui « pleut » sur la ville représentée par de simples immeubles blancs au toit rouge, qui occupent la moitié inférieure du tableau. La perspective est à la fois linéaire avec un point de fuite visible sur l’immeuble de droite, atmosphérique (hommes au fond qui deviennent légèrement flous) et comporte une succession de plans. Les couleurs, plutôt froides, se partagent entre le blanc, le bleu, le gris et le beige. La lumière vient de derrière les immeubles comme une aube naissante et met en valeur les hommes qui sont comme des taches noires.

Une interprétation de ce tableau est que Magritte nous montre qu’un individu peut être complètement absorbé par un groupe : tous ces hommes sont habillés de façon identique, ils ont les mêmes caractéristiques physiques, ils flottent tous (ou volent tous). À première vue chaque individu est fondu dans le groupe, mais si on en regarde attentivement un en particulier, on peut s’apercevoir qu’il est unique.

Le titre Golconde n’a pas de réelle explication, car le peintre expliquait que « Les titres de tableaux ne sont pas des explications et les tableaux ne sont pas des illustrations des titres »

La deuxième guerre mondiale était due au nazisme qui avait développé dans sa perversion une nouvelle langue.

5. Quel réalisme et quelle abstraction ? – Et le Surréalisme ?

Dada s’inscrit dans un long débat sur la figuration, celui qu’illustre aussi Michel Van Zeveren, auteur de “Dessine-moi un petit prince”. Arp est lui à l’origine d’un vocabulaire de signes aux allusions figuratives et ironiques, Photo : Jp Legrand.

“Jean Arp est né le 16 septembre 1886 sous le nom de Hans Peter Wilhelm Arp. Son père, Jürgen Peter Wilhelm Arp, est un commerçant « vieil allemand », né à Kiel. Sa mère, Marie Joséphine Koeberlé, est alsacienne. Arp étudie les arts décoratifs à Strasbourg (en 1912-13, suit les cours de Théodore Haas à l’école des arts décoratifs en compagnie de Hans Haug), Paris et Weimar, avant de se consacrer à la poésie. Il adhère quelque temps au club artistique Das jüngste Elsaß qui veut promouvoir une version rénovée de la culture alsacienne et germanique. Il fait aussi la connaissance de Paul Klee en 1909. Il participe ainsi à des expositions, dont celle du Blaue Reiter, en 1912. Il s’associe en 1916, à Zurich et à Cologne, à la fondation du mouvement dada. Il illustre plusieurs ouvrages de la collection « dada », comme Le Passager du Transatlantique, de Benjamin Péret, Vingt-cinq poèmes, de Tristan Tzara et un ouvrage de Richard Huelsenbeck. Il commence à sculpter en 1917. Proche des surréalistes, de 1926 à 1930, il deviendra membre fondateur du groupe Abstraction-Création.

Le 20 octobre 1922, il épouse Sophie Taeuber-Arp qu’il a connue à Zurich. En 1926, il est naturalisé français. Son père n’étant pas d’origine alsacienne-lorraine, il ne pouvait pas recouvrer la nationalité française conformément au Traité de Versailles. En 1927-1928, le couple se fait construire une maison et atelier d’artiste à Clamart, au 21, rue des Châtaigniers.

Ses premières œuvres de plâtre et de marbre datent de 1930. Il réalise des reliefs en bois peints, broderies et papiers collés. En 1925, il s’installe à Clamart (en bordure de la forêt de Meudon), dans une maison-atelier dont Sophie Taeuber a dressé elle-même les plans. Il participe aux activités des surréalistes et fréquente les peintres abstraits de Cercle et Carré. Un poème lui est dédié dans Capitale de la douleur du surréaliste Paul Éluard.

Arp est à l’origine d’un vocabulaire de signes aux allusions figuratives et ironiques. À partir de 1930, la sculpture en ronde-bosse prend une place importante dans son œuvre. À Strasbourg, entre 1926 et 1928, il participe à la transformation de l’Aubette, en collaboration avec sa femme et avec l’artiste néerlandais Theo van Doesburg. Sophie meurt tragiquement asphyxiée, en 1943, lors d’un voyage clandestin à Zurich, où le couple s’est réfugié à la suite de l’invasion de la France libre par l’Allemagne.

De très nombreuses expositions personnelles lui sont consacrées après-guerre, dès 1944 à la galerie Peggy Guggenheim à New York, puis à la Galerie Maeght, la Galerie Denise René Paris, et Sydney Janis, en 1950. Il réalise également de nombreuses commandes avec, entre autres, Constellation pour le Harvard Graduate Center de Cambridge en 1949, Le Berger des Nuages et Configuration pour la Cité Universitaire de Caracas dans les années 1950. Arp est devenu un artiste internationalement reconnu. Jean Arp s’établit en 1959 dans une nouvelle demeure, à la fois habitation et atelier d’artiste, sur la propriété Ronco dei Fiori à Locarno, aujourd’hui Fondazione Marguerite Arp, construite par Annette Gigon et Mike Guyer, de l’agence Gigon Guyer.

En 1968, la Manufacture de Sèvres édite trois vases sur les six formes que l’artiste y a créé en 1966. Chacun sera édité en 10 exemplaires numérotés. Deux sont en porcelaine, Amphore de rêve et Amphore terrestre, et la troisième, Objet casanier, est en grès. Certains exemplaires sont encore disponibles. La mort de l’artiste mettra malheureusement un terme à cette collaboration, laissant ses projets à l’état de prototypes.

Un grand nombre de ses œuvres sont aujourd’hui exposées au musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg, qui lui consacre un espace central.

Son nom a également été donné à la place servant de parvis à ce musée, ainsi qu’au bâtiment de l’École nationale d’administration.

Sa deuxième épouse, Marguerite Arp-Hagenbach, décédée en 1994, a fait de la maison-atelier de Clamart la fondation Arp ouverte en 19797.

Ses derniers mots ont été : « Je vous aime tous, et, maintenant, je vais rejoindre ma Sophie. »  (Wikipédia).

Les expositions bruxelloises présentant les avant-gardes évoquaient Ensor précurseur et je pense à “Squelettes se chauffant”.

16426139_209975879467236_5030685886754374762_n

Ensor, Squelettes se chauffant (1889)
Huile sur toile (75 x 60)

Superbe tableau assez peu connu. Pour la petite histoire, il a été peint sur une toile existante réalisée quelques années plus tôt. Ce qui donne à penser que l’artiste, en 1889, était sans le sou. Le thème du tableau est à cet égard éloquent : “Pas de feu. En trouverez-vous demain ?” est-il écrit sur le poêle. Dérision et satire mordantes par l’artiste qui fut si souvent décrié, voire honni, par la société bourgeoise des bien-pensants.  En 1889, L’Entrée du Christ à Bruxelles est refusée au Salon des XX et il est question de l’exclure du Cercle dont il est pourtant l’un des membres fondateurs.

Pour la suite, il est question de Malevitch et de Klee, puis de Léger, exposé au Bozar de Bruxelles en 2018.

29542583_10215973190185778_659836740089815380_n

Ses origines normandes, son aspect de « brute au physique désavantageux », qu’il attribue à un père éleveur et son franc-parler, ont souvent fait passer Fernand Léger pour le « paysan de l’avant-garde ». À dix-neuf ans, il découvre le Paris de 1900. Léger n’y accomplira jamais la formation d’architecte qu’il est venu y poursuivre. Lentement, s’imprégnant patiemment du mouvement dynamique de la ville, il troquera son tire-ligne pour les pinceaux : l’assurance d’un métier stable contre la promesse d’une liberté périlleuse. Dès 1903, Léger partage un atelier avec le peintre André Mare. Après son échec aux Beaux-Arts, il s’exerce dans diverses académies. Daniel-Henry Kahnweiler, qui deviendra son marchand, se souvient ainsi de Léger allant dessiner le nu presque tous les soirs à l’académie de la Grande Chaumière. Il reste difficile de savoir à quoi ressemblaient ces dessins. Léger dit effectivement avoir détruit entre 1902 et 1908 une grande partie de ses travaux au fur et à mesure de leur production. Peut-être contenaient-ils encore quelques traces du sentimentalisme du Jardin de ma mère, peint en 1905, ou de ces Gamins au soleil (1907) que Guillaume Apollinaire qualifia de « baignades du soir postimpressionnistes ». Sans interprétation abusive, on peut assimiler la destruction de ces dessins à un acte proprement artistique : en s’attaquant à ses tentatives désuètes, Léger brutalisait déjà la tradition.

En 1907, comme de nombreux peintres parisiens, il est très marqué par la rétrospective consacrée à Cézanne qui oriente définitivement sa peinture. La même année, il découvre le cubisme de Picasso et de Braque. Léger défie Cézanne dans le Compotier sur la table (1909). Sans doute y inscrit-il déjà sa peur de la grande influence du peintre d’Aix sur lui. Le peintre se fond bientôt dans l’effervescence de la vie artistique parisienne et, dès 1908, travaille aux côtés de Modigliani, Laurens, et surtout Alexander Archipenko. Installé à la Ruche en 1908, il se lie avec Blaise Cendrars, Max Jacob et Guillaume Apollinaire et dialogue, entre autres, avec le peintre Robert Delaunay, et aussi avec Marc Chagall, Chaïm Soutine, Chaim Jacob Lipchitz, Pierre Reverdy et Maurice Raynal.

Cette influence se ressent, en 1910, dans ces Nus dans la forêt qui feront dire à Guillaume Apollinaire : « M. Fernand Léger a encore l’accent le plus inhumain de cette salle. Son art est difficile. » Il les achève après presque deux ans de lutte. Il peint en 1909 La Couseuse, qui ouvre sa période cubiste. Amas de lignes géométriques logé dans un espace court, la toile est proche des figures massives de Picasso peintes la même année. Pourtant, dès Nu dans la forêt (1909-1910), Léger propose un cubisme personnel, même s’il s’est certainement inspiré de l’œuvre de Picasso portant le même titre.

Le sujet est transformé en une chambre remplie d’artefacts et de robots. Dans cette œuvre, Léger se détache de la doctrine de Cézanne qui consistait à peindre à partir des cylindres et des cônes. La sobriété des couleurs ainsi que l’activité frénétique des robots crée l’atmosphère symbolique d’un nouveau monde déshumanisé. Sous certains aspects, c’est une anticipation du futurisme italien.

Vitraux à l’université centrale du Venezuela.

 S’il partage le souci cubiste de créer un réalisme non figuratif, il se distingue des Montmartrois en imposant un cubisme non pas intellectuel mais visuel. Son souci n’est pas, en effet, de figurer la totalité de l’objet, mais de distinguer chaque objet en volume et en plan au sein d’un espace idéal.

Spectateur assidu du cirque Medrano, Fernand Léger peint les acrobates, les clowns, les jongleurs dont les corps « mécanisés » ont la même valeur que les objets et les décors.

En 1918, il illustre le livre de Blaise Cendrars La Fin du monde filmée par l’Ange N.D., conçu comme une suite de plans cinématographiques. Il renoue avec le groupe de la revue Montjoie fondée par Ricciotto Canudo. Il rencontre le cinéaste Jean Epstein, collabore au film d’Abel Gance, La Roue, et réalise les décors pour le film de Marcel L’Herbier, L’Inhumaine.

Il se marie en 1919 avec Jeanne Lohy. Rencontrée avant la guerre dans les milieux intellectuels parisiens, Jeanne sera sa marraine de guerre et entretiendra une riche correspondance épistolaire avec l’artiste.

Engagé par les Ballets suédois, il crée successivement les costumes et les décors de Skating Rink (1922) et de La Création du monde (1923). En 1924, avec l’aide de Dudley Murphy, il tourne le film Ballet mécanique, où l’utilisation du gros plan et le recours aux multiples effets de fragmentation produisent une dynamique répétitive. La même année, Fernand Léger se rapproche des puristes et participe à la revue L’Esprit nouveau.

Il pratique, selon Louis Vauxcelles, le « tubisme ». Déboîtés, les volumes géométriques ne sont plus statiques et indissociables, mais autonomes, créant entre eux un antagonisme dynamique. L’intérêt qu’il voue au dynamisme, « reflet du monde moderne », le conduit en 1911 à fréquenter l’atelier de Puteaux et à participer à la Section d’or. Il s’éloigne des thèmes intimistes et traditionnels de Braque et Picasso, et peint des sujets contemporains (Le Passage à niveau, 1912). Il entame une série de contrastes de formes (La Femme en bleu, 1912), dans laquelle il réintroduit vivement la couleur et expérimente brièvement l’abstraction. Apollinaire baptise alors l’art de Robert Delaunay et de Léger de « cubisme orphique » (voir orphisme). Pourtant, si Delaunay prône la suprématie de la couleur, Léger, comme il le dit, aspire à « un équilibre entre les lignes, les formes et les couleurs ».

Pendant la guerre, il s’exile alors aux États-Unis, comme de nombreux intellectuels français,. Il adhère au Parti communiste français en 1945, dont il restera membre jusqu’à la fin de sa vie. Au début des années 1950, Fernand Léger participe avec Jean Bazaine et Jean Le Moal à la décoration de l’église du Sacré-Cœur, construite dans un quartier ouvrier d’Audincourt(Doubs), pour laquelle il conçoit les dix-sept vitraux de la nef et du chœur et dessine les cartons de la tapisserie située derrière le maître-autel.

La grande fleur qui marche (1952) à La Haye, aux Pays-Bas.

Léger a dirigé plusieurs écoles de peinture, à Montrouge d’abord, puis boulevard de Clichy, à Montmartre. Il a été le maître de Neşet Günal et a formé de nombreux élèves qui ont diffusé ses idées dans tout l’art du xxe siècle, en France (Pierre Faniest, Étienne Hajdu, Tonia Cariffa, Abner, Carlos, René Margotton…), mais aussi en Scandinavie (Eric Olson, Franciska Clausen, Otto G. Carlsund…), et a notamment donné des cours à l’auteur-compositeur-interprète Serge Gainsbourg. À Biot (Alpes-Maritimes), le Musée national Fernand Léger, édifié par sa femme, Nadia Léger, et Georges Bauquier, lui est consacré et expose la plus grande collection de ses œuvres. La mosaïque du musée et les Italiens Lino Melano et Luigi Guardigli.

En 1965 parait un recueil des principaux textes de Fernand Léger. Roger Garaudy dit notamment « ceux dans lesquels il situe la peinture moderne par rapport à la tradition, constituant ainsi l’initiation lucide pour qui veut comprendre la signification profonde de l’école de Paris». En particulier, Fernand Léger précise à nouveau le but du Salon des Indépendants : « C’est avant tout un salon de peintres pour les peintres, […] , un salon de manifestation artistique, […] c’est son renouvellement éternel […] qui fait sa raison d’être. Ici, il doit y avoir la place pour les chercheurs et leurs inquiétudes. […] Le salon des indépendants est un salon d’amateurs, […] le salon des Inventeurs. […] Les bourgeois qui viennent rire de ces palpitations ne se douteront jamais que c’est un drame complet qui se joue là, avec toutes ses joies et ses histoires. S’ils en avaient conscience, car au fond ce sont de braves gens, il entreraient là avec respect, comme dans une église. »

Quelques mois avant sa mort en 1955, Fernand Léger acquiert le mas Saint-André, situé au pied du village de Biot. Sur ce terrain horticole, Nadia Léger, sa veuve, et Georges Bauquier, son proche collaborateur, décident de créer un musée pour lui rendre hommage et favoriser la connaissance de son œuvre. Le projet de bâtiment est conçu par l’architecte Andreï Svetchine et le parc est confié au paysagiste Henri Fisch. L’édifice intègre en façade une immense mosaïque, initialement prévue par Léger pour la décoration du stade de Hanovre, mais jamais réalisée. En 1969, les fondateurs font don à l’État français du bâtiment, du terrain et d’une collection riche de plus de trois cents œuvres. André Malraux, ministre d’État chargé des affaires culturelles, reçoit la donation au cours d’une manifestation officielle qui se termine par un gala organisé au palais des festivals de Cannes. Le musée Léger devient musée national et, selon les clauses de la donation, les fondateurs restent directeurs à vie.” (Wikipédia)

Grand tournesol (La Fleur polychrome) (1952), musée des beaux-arts de Montréal.

dali-mostra-alba

Immagine: Salvador Dalí, Landscape with a Girl Skipping Rope (1936; Rotterdam, Museum Boijmans Van Beuningen) photo Studio Tromp © Salvador Dalí, Fundacio Gala Salvador Dalí, by SIAE 2018

 Picasso bien sûr, mais aussi Dali, dans sa perfection technique…

Salvador Dali reprend à Jean de la Croix sa vision du Christ crucifié qui surplombe l’humanité, symbolisée, au bas du tableau, par la barque et les deux pêcheurs qui ramassent leurs filets dans la baie de Port Lligat.

« Le Ciel, voilà ce que mon âme éprise d’absolu a cherché tout au long d’une vie qui a pu paraître à certains confuse et, pour tout dire parfumée au soufre du démon. Le Ciel ! Malheur à celui qui ne comprendra pas cela. […] Le Ciel ne se trouve ni en haut, ni en bas, ni à droite, ni à gauche, le Ciel est exactement au centre de la poitrine de l’homme qui a la Foi.
P.S. Á cette heure je n’ai pas encore la Foi et je crains de mourir sans Ciel.
»

« L’explosion atomique du 6 août 1945 m’avait sismiquement ébranlé. Désormais l’atome était mon sujet de réflexion préféré. Bien des paysages peints durant cette période expriment la grande peur que j’éprouvai à l’annonce de cette explosion, j’appliquais ma mémoire paranoïaque-critique à l’exploration de ce monde.

Je veux voir et comprendre la force des lois cachées des choses pour m’en rendre maître évidemment. Pour pénétrer au cœur de la réalité, j’ai l’intuition géniale que je dispose d’une arme extraordinaire : le mysticisme, c’est-à-dire l’intuition profonde de ce qui est, la communication immédiate avec le tout, la vision absolue par la grâce de la vérité, par la grâce divine. Plus fort que les cyclotrons et les ordinateurs cybernétiques, je peux en un instant pénétrer les secrets du réel… À moi l’extase ! m’écriai-je. L’extase de Dieu et de l’homme.

À moi la perfection, la beauté, que je puisse la regarder dans les yeux. Mort à l’académisme, aux formules bureaucratiques de l’art, au plagiat décoratif, aux aberrations débiles de l’art africain. À moi Thérèse d’Avila !…

C’est dans cet état de prophétisme intense que je compris que les moyens d’expressions picturaux ont été inventés une fois pour toutes avec le maximum de perfection et d’efficacité à la Renaissance et que la décadence de la peinture moderne vient du scepticisme et du manque de croyance, conséquence du matérialisme mécaniste.

Moi, Dalí, réactualisant le mysticisme espagnol je vais prouver par mon œuvre l’unité de l’univers en montrant la spiritualité de toute substance. »

On lit sur un autographe de Salvador Dali, daté de 1952, à Neuilly, 1 heure du matin :

« Reconstitution du corps Glorieux dans le ciel A mon ami in San Juan de la Cruz le Révérend Père Bruno et José-Maria Sert ; la communion spirituelle avec eux fut l’origine de mon Christ de San Juan de la Cruz. »

6. A Bruxelles et ailleurs, Cobra, Hugo Claus et d’autres.

Hugo Claus, écrivain flamand commémoré à Bozar en 2018, comme Léger, fut d’abord peintre, dans les années cinquante, celles du mouvement COBRA.

30124807_10155511677807291_641706443961874134_n

Hugo Claus

De 1950 à 1953 à Paris, il rencontre le surrealisme, l’existentialisme , le Cobramodernisme avec Karel Appel, Hans Andreus, Rudy Kousbroek, Simon Vinkenoog e.a.

29177500_10155450699757291_3565591865405487124_n

Ed van der Elsken, Hugo Claus, Simon Vinkenoog et Louis Paul Boon devant un tableau d’Asger Jorn et avec des revues érotiques, entre 1956 et 1958. Ed van der Elsken Estate,Nederlands Fotomuseum, Rotterdam

Hugo_Claus_(1986)Door Rob Bogaerts / Anefo – Nationaal Archief, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=40473387

“Considéré comme l’un des romanciers belges les plus talentueux de son époque, dont l’œuvre connaît une ampleur internationale, Hugo Claus, cité plusieurs fois pour le prix Nobel de littérature, se définit lui-même comme un « flamingant francophile ». Il est surtout le critique du traditionalisme et du provincialisme de la société flamande, tout en portant à l’universel l’évocation de la médiocrité. Si son style puise autant son inspiration dans les grands mythes et les classiques littéraires, il ne recule pas pour autant devant le burlesque, la trivialité, voire l’obscénité.”

31961375_10155583451402291_3241191426339373056_n

Hugo Claus et Sylvia Kristel avec leur fils Arthur, 1975, Bozar

“Profondément marqué par son enfance dans un internat catholique très strict, il a su évoquer dans Le Chagrin des Belges (1985, trad. de 1983 Het verdriet van België) le comportement de ses compatriotes pendant la dernière guerre et peindre le Flamand fricoteur, conformiste et profiteur avec un réalisme qui rappelle celui de Pieter Bruegel l’Ancien ou de James Ensor. Il reste cependant fasciné par sa région maternelle qu’il ne cesse de recréer avec sensibilité et intelligence :

« Maintenir les mœurs et les extases de la tribu : oui, c’est aussi le rôle de l’écrivain. Par exemple, Le Chagrin des Belges, je l’ai écrit pour que mes deux fils sachent comment leur père avait vécu dans une civilisation tout à fait étrange et néandertalienne. J’ai voulu leur montrer ce que c’était de vivre avant la guerre, pendant la guerre et après la guerre dans une toute petite communauté. » (H. Claus, Le Passe-Muraille, Lausanne, 1997.)”
29496089_10155477584252291_8533711504860759463_n

Hugo Claus

1929848_15591728942_9270_n

Hugo Claus

“Le Passé décomposé, son dernier roman, paru au Seuil en février 2000, reprend les mêmes personnages que La Rumeur :

« L’interrogatoire policier qui en constitue la trame, aussi serré et aussi ambigu que ceux de Crime et Châtiment, éveille une quantité de questions essentielles sur la condition humaine tout en recourant au grotesque qui déclenche un rire grinçant. C’est un livre selon mon cœur, fait de sang et de rire, de tendresse et d’horreur, d’obscénité et de poésie. » (Dédicace du traducteur, France Inter.)” (Wikipédia)
28699056_10155469553617291_5753437874972237322_o

Bozar, Exposition “Hugo Claus”

Cobra vit à Bruxelles, notamment, grâce à la Galerie Saint Jacques, Photos : Jp Legrand.

Galerie Saint Jacques : COBRA

A deux pas, Rue Haute aussi, la galerie personnelle de Jan Bucquoy, dernier surréaliste ironique…, Photo : Jp Legrand

15622460_10211583392443578_7850556321525938247_n

Jan Bucquoy,  Rue Haute…

Hôte Gallery, au 203 de la Rue Haute ouvrit en rendant hommage à Dada, avant de mieux faire connaître Bers Grandsinge, élève de Basquiat. Par eux et la galerie Serge Schoffel, vit à Bruxelles l’art africain qui a tellement influencé les créateurs européens au début du vingtième siècle.

Sculptures des Dogons (https://sergeschoffel.com/fr), Photos : Jp Legrand

La statue “Banamba” du Mali illustrée sur les deux photos était en vente chez “C’est Léa” – Rue Blaes 160 – 1000 Bruxelles

Modigliani et l’influence de l’art africain.

“Le dessin est de Modigliani, la ressemblance entre le visage de la statue et le visage sur le dessin de Modigliani est frappante. Tout comme Pablo Picasso, Maurice de Vlaminck ou André Derain, Modigliani découvrit l’art primitif dès les années 1900. Le Musée d’art ethnique du Trocadéro et les collections personnelles de ses amis peintres regorgeaient de ces sculptures aux formes simplifiées très expressives.
Peu après son arrivée à Paris à 22 ans, le Toscan, issu d’une famille de Juifs séfarades de Livourne lettrés mais désargentés, qui avait déjà peaufiné sa culture artistique dans les musées de Rome et Venise, se rend fréquemment au Louvre et au Musée d’art ethnique du Trocadéro. Les collections personnelles de ses amis peintres regorgeaient de ces sculptures aux formes simplifiées très expressives. Dans la capitale française, il passe des heures à contempler l’art africain, grec, égyptien ou khmer. “Il a voulu créer une forme de beauté idéale, de femme idéale, en prenant des éléments de toutes ces cultures.
De l’art africain, il prend l’idée d’une forme du visage allongée et concave, c’est-à-dire creusée, avec un relief qui va vers l’arrière au lieu de l’avant.
Amédéo Modigliani fut un peintre très érudit. Ses connaissances et rencontres avec l’art khmer, cycladique ou égyptien, ont également joué un rôle majeur dans la conception de ses formes et de ses visages.”

“C’est Léa” – Rue Blaes 160 – 1000 Bruxelles.

A Vitebsk, Malevitch, invité par Chagall, va attirer peu à peu les élèves de celui-ci et écrire ses manifestes les plus intransigeants .L’école de Vitebsk présida à la renaissance artistique du vingtième siècle (les “Avant-Gardes” qui dépassent le passé impressionniste ou symboliste). Au delà des techniques, les idées déterminent les créations : spirituelles chez Chagall, révolutionnaires chez Malevitch, dans un parcours si douloureux : https://www.erudit.org/…/2000-v28-n2-pr2783/030595ar.pdf
32187149_1146481518834548_8294042526768168960_n

Océan – Emil Nolde – 1930

29791536_10216036575050360_479148170744430592_o

Métro Comte de Flandre, Molenbeek. Sous le titre de 16 X Icarus , l’oeuvre de Paul Van Hoeydonck domine les quais de la station.

31124743_10213934467227589_5650756182059515904_n

Hôte Gallery et Bozar…

29511980_10215940754694911_1551399882909845105_n

” Machiavel se forme en 1974 en Belgique sous l’égide de deux anciens membres du groupe Moby Dick, Roland de Greef (basse), Marc Ysaÿe (chant et batterie), et Jack Roskam (guitare) accompagné d’Albert Letecheur (claviers). Jack Roskam est finalement assez vite remplacé par Jean-Paul Devaux, juste avant l’arrivée de Mario Guccio au sein de la formation en tant que chanteur. Jacques Ysaÿe (« Jack Say »), possède un studio d’enregistrement 24 pistes (le studio D.E.S.) où il enregistre et mixe les premiers titres du groupe2. Il présente la bande à Émile Garin, directeur musical d’E.M.I. qui sort le premier 33 tours, Machiavel, produit par Jack Say. elui-ci passera la main à d’autres producteurs pour les disques suivants. Le groupe se nomme d’après Niccolò Machiavelli. Ce premier disque connait un joli succès d’estime, notamment grâce au titre Cheerlessness. L’un de ses membres fondateurs, Marc Ysaye, batteur du groupe – ainsi que chanteur pour le premier album – , est connu en Belgique pour être le directeur de la radio Classic 21, tout en étant animateur de l’émission Les Classiques. Machiavel revient en 1977 avec un deuxième opus, Jester, qui se situe musicalement dans la lignée de ce que font des groupes comme Supertramp ou Genesis. Un troisième album, Mechanical Moonbeams, parait en 1978 et confirme la maturité musicale du groupe belge, qui devient un vrai étendard du rock sur ses propres terres, notamment grâce aux titres Rope Dancer et Beyond the Silence. Mais c’est en 1979 avec l’album Urban Games que Machiavel connait son plus gros succès.

Albert Letecheur, fondateur claviériste du groupe jusqu’en 1980, quitte Machiavel – en compagnie de Jean-Paul Devaux – en raison de divergences artistiques, les autres membres de la formation souhaitant se diriger vers des compositions plus metal, s’éloignant du style rock progressif. Thierry Plas rejoint alors Machiavel à la guitare et le groupe sort New Lines en 1980, porté par le single Fly et très vite succédé par un sixième album intitulé Break Out, un disque produit par Derek Laurence en 1981, qui n’aboutit pas au succès escompté. La carrière de Machiavel reste alors en suspens (hormis le live Valentine Days en 1983), jusqu’à la sortie de The Cry of Pleasure en 1987.

Machiavel ne sortira ensuite plus que des compilations et albums live, avant de revenir en 1999 avec l’album Virtual Sun, suivi en 2003 par Welcome to Paradise et 2005, en 2005. Albert Letecheur meurt le 5 mai 2004, à l’âge de 52 ans, des suites de maladie. Après des tournées ci-et-là, le groupe revient en 2011 avec un nouvel album, intitulé Eleven. Le chanteur Mario Guccio meurt à l’âge de 64 ans le . Il était convenu avant son décès que Marc Ysaye le remplace au chant pour la tournée The Early Years.

Exposition, rue de la Brasserie, Ixelles, Photos : Jp Legrand

Gilles Deleuze, “Différence et répétition”, Photos : Jp Legrand

 

Promenades d’art à Bruxelles

J’ai mis les recherches immobilières et les déplacements à profit, en introduisant une chronologie du chaos bruxellois : gothique, Renaissance, 18ème, fin 19ème, long 20ème siècle. En Région bruxelloise, il n’y eut jamais de souci de normes en terme d’architecture, la ville est hétéroclite et présente tous les traumatismes des monuments sacrifiés, dégradés, démolis, remplacés, cela rend toute recherche surprenante. Je vous conseille pour la partie orientale de la Région une jolie confrontation de peintures et de photos, due à Fabien De Roose.

Revenons à la chronologie. Bruxelles naît il y a plus de mil ans au bord de la Senne, affluent de l’Escaut…

30222277_10216052705053600_672615535233466368_n

Cathédrale Saint Michel

La cathédrale se dresse au carrefour de deux anciennes routes importantes (Flandre vers Cologne et Anvers vers Mons par Bruxelles). Ce carrefour était situé sur une colline, le Treurenberg (anc. Molenberg). On trouve une mention de Bruxelles dans les gestes des évêques de Cambrai (diocèse dont elle dépendait): l’évêque Vindicien tombe malade près de Bruxelles vers 695 (source du xie siècle : Gesta pontificum Cameracensium, PL 149, 46: cum egrotaret apud Brosselam). Lambert II, comte de Louvain, et sa femme Oda de Verdun, fondèrent en 1047 un chapitre de 12 chanoines dans l’église Saint-Michel (d’où le nom de « collégiale ») et y firent transporter les reliques de sainte Gudule jusqu’alors conservées dans l’église Saint-Géry qui occupait, jusqu’à la Révolution française, l’emplacement actuel des halles Saint-GéryEn 1200, sous l’impulsion d’Henri Ier de Brabant, l’église fut restaurée et agrandie par la construction d’un avant-corps occidental, accompagné de deux tours rondes. En 1226, le duc de Brabant Henri II décida la construction d’une collégiale gothique qui ne s’acheva qu’au début du xvie siècle peu après la naissance de Charles Quint. Certaines chapelles s’y ajoutèrent aux xvie et xviie siècles. 

La construction de l’édifice actuel débute par le chœur en 1226. La nef et le transept qui datent des xive et xve siècles sont de style gothique brabançon. La façade est surmontée de deux tours et date des années 1470-1485. La façade occidentale est typiquement de style gothique brabançon par son décor flamboyant très ordonné. Mais elle s’inspire par ailleurs de la typologie des cathédrales françaises, avec ses deux tours et ses trois portails surmontés de leur gable. Cependant, contrairement aux façades françaises elle n’a pas de rosace, cette dernière étant remplacée par une grande verrière brabançonne. Les deux tours dont les sommets sont aménagés en terrasses sont attribuées à Jan Van Ruysbroeck (1470-1485), l’architecte de la tour de l’Hôtel de ville de Bruxelles. Elles sont inachevées et auraient dû être bien plus élevées, dans un style proche de la tour de l’hôtel de ville ou de la tour nord de la cathédrale d’Anvers.

30740130_10216105434731809_1796984286235066368_n

Cathédrale Saint Michel

Et même là, Bruxelles est un chantier hétéroclite, déroutant…

Ce n’est qu’en 1962 que Bruxelles, jusque-là dépendante de l’archevêché de Malines où résidait le primat de Belgique, fut associée à ce siège épiscopal sous le titre de diocèse de Malines-Bruxelles. C’est ainsi que la collégiale fut promue au rang de cocathédrale. Des travaux de restauration ont eu lieu au xixe siècle menés par l’architecte Tilman-François Suys qui restaura de 1839 à 1845 les tours et les portails et encore au XXe sous la direction de Jean Rombaux puis de Victor-Gaston Martiny, architecte-urbaniste en chef de la province de Brabant et membre de la Commission royale des monuments et des sites.

29340450_10215872428026787_1187662262408577024_n

Notre Dame du Sablon

Un peu plus loin, autre surprise : les sculptures du Sablon datent du XXème siècle …

Peu après le percement du dernier tronçon de la rue de la Régence en 1872, on dégagea l’église Notre Dame du Sablon des bâtiments qui la parasitaient du côté de la nouvelle artère ainsi que du côté de la rue Bodenbroek et de la rue des Sablons. L’église dégagée de sa gangue apparut tellement délabrée qu’on entreprit des travaux de restauration. Le chantier futconfié à Jules-Jacques Van Ysendyck et ensuite à son fils Maurice. Jules-Jacques Van Ysendyck était un émule d’Eugène Viollet-le-Duc et mena les travaux conformément au principe d’unité de style de ce dernier. De 1895 à 1912, en six campagnes de travaux, lui et son fils créèrent un monument qui n’avait jamais existé, en y ajoutant des clochetons, des pinacles, des balustrades ajourées, en couvrant les collatéraux par des batières perpendiculaires à la place de la batière continue parallèle à la nef et en construisant des arcs-boutants munis de pinacles. De 1917 à 1937, l’architecte François Malfait dirige la mise en place de 57 statues provenant de 27 sculpteurs différents.

La Maison d’Érasme (ou Musée de la Maison d’Érasme), sise près de la collégiale Saints-Pierre-et-Guidon, à Anderlecht (Bruxelles) et datant du xve siècle, est une ancienne maison de chanoine attaché à la collégiale. Elle est aujourd’hui un petit musée érasmien, à la mémoire du grand Érasme, « le prince des humanistes », qui y séjourna en 1521.

34160263_10216457203645812_6334562692669374464_n

Maison d’Erasme à Anderlecht

Eglise des Minimes, Rodepoort… Chahuts historiques.

En 1616 un premier groupe de ‘Frères minimes’ arrive à Bruxelles. Fondé par François de Paule en Italie (et approuvé en 1474) l’ordre des Minimes [OM] est de spiritualité franciscaine mais se caractérise par un style de vie très austère et dépouillé, un jeûne permanent et un service apostolique auprès des exclus de la société. Ils se font appeler les tout petits (Minimes). Ils occupent d’abord la maison où vécut André Vésale. L’attention qu’ils apportent aux plus marginaux, bandits, prisonniers, enfants de prostituées et autres, leur acquiert l’estime de la population. Ils construisent un couvent et, à son côté, une église. Expulsés une première fois par la loi de Joseph II (1787) les minimes réintègrent leurs couvent et église quelques années plus tard. Ce sera bref: en 1796, ils sont définitivement chassés par les révolutionnaires français. Les religieux minimes ne reviendront plus à Bruxelles. 

Une première église des Minimes fut construite en 1624. À côté, on construisit simultanément sur l’emplacement d’une maison de débauche une chapelle sur le modèle de la ‘Maison de Lorette de la Vierge’. À la fin du siècle elle s’avère trop petite, et avec le soutien du gouverneur général des Pays-Bas, Maximilien-Emmanuel de Bavière, un nouveau projet est mis en chantier. Les travaux durent quinze ans : 1700-1715. La nouvelle église, de plan basilical, manifeste un style architectural de transition : c’est la fin du baroque brabançon et le début du classicisme. L’édifice, avec un clocher de dimension modeste à droite d’une façade qui a gardé des attributs baroques, n’a pas encore le grandiose et la froideur solennelle des grandes églises néo-classiques du xviiie siècle. Cette simplicité était sans doute voulue par les minimes eux-mêmes.

Durant les temps troubles du pouvoir révolutionnaire français, l’église fut fermée en 1796. Rendue temporairement au culte catholique en 1806, elle fut à nouveau fermée en 1811, lorsqu’on envisagea d’y établir la manufacture impériale des tabacs. Sur les instances des habitants du quartier, elle devint ensuite paroisse du quartier des Marolles pour être fermée par le pouvoir néerlandais. Des demandes réitérées faites par la population restant sans réponse, les habitants des Marolles occupent leur église. Le conflit trouva son issue dans la révolution belge (1830) et la liberté rendue au culte catholique. Il semble que le fait que l’église ait été littéralement entre les mains des paroissiens au moment des lois régissant les relations entre église et état dans la nouvelle Belgique lui donne un statut particulier: elle serait la seule église paroissiale appartenant aux paroissiens eux-mêmes. Des travaux de restauration, dirigés par Tilman-François Suys et Pierre Victor Jamaer sont réalisés à la fin du xixe siècle. Le couvent et cloître des Minimes sont démolis en 1920 pour faire place à la construction de l’Athénée Robert Catteau en style Art déco par l’architecte François Malfait.

30221796_10216052630251730_909143176680308736_n

rue de la violette

Près de la Grand Place, les témoins des époques d’Espagne et d’Autriche souffrent aussi de leurs cohabitants contemporains… Pourtant, les amateurs d’histoire(s) ne manquent pas :

 

L’Association du Patrimoine artistique – Vereniging voor het Kunstpatrimonium

Fondée en 1979, l’Association s’est donné pour mission de promouvoir la protection, la restauration et la mise en valeur du patrimoine artistique en Belgique, c’est-à-dire dans ses trois régions, Bruxelles, la Flandre et la Wallonie.
Depuis sa fondation, elle regroupe sous la présidence du Professeur Paul Philippot (Université Libre de Bruxelles) des chercheurs, historiens et historiens de l’art, diplômés des diverses universités du pays à qui elle propose des sujets d’étude variés sur des périodes ou des domaines négligés de l’art de ces régions. À présent Didier Martens a succédé à Paul Philippot.
Par l’organisation d’expositions et la publication de catalogues les accompagnant, par la préparation d’études approfondies et la publication de livres et de guides destinés au grand public, et par des visites guidées, l’Association met en évidence des œuvres que la méconnaissance ou l’indifférence menacent dans leur conservation ou qui méritent simplement d’être redécouvertes. À l’occasion des activités extrêmement diversifiées qu’elle mène depuis 40 années, le nom de l’Association est apparu fréquemment aux côtés de ceux d’autres institutions avec lesquelles elle réalise ses objectifs. L’Association bénéficie en outre de subsides alloués par le Ministère de la Communauté Française, la Région de Bruxelles-Capitale, la Région Wallonne et le Fonds de la Recherche Fondamentale Collective. Connaissance, conservation et restauration, s’ils sont les trois mots-clés qui résument les objectifs de notre Association, représentent aussi trois moments complémentaires et indissociables de son programme. Celui-ci s’articule sur une démarche cohérente: il va de soi que l’on ne peut conserver, et – si besoin est – restaurer, que des œuvres dont on connaît l’existence et la valeur historique et esthétique. Attirer l’attention du public sur l’intérêt de certaines œuvres d’art, le sensibiliser au problème de leur conservation, aux menaces que l’indifférence fait peser sur leur bon état, est donc l’objectif prioritaire que se fixe l’Association du Patrimoine artistique à travers ses travaux d’inventaire et ses recherches scientifiques. Mieux vaut prévenir que guérir. En effet, bien souvent, les opérations d’entretien que nécessite le vieillissement naturel des tableaux anciens, ou plus simplement encore l’observance de conditions de conservation correctes, suffisent à éviter de coûteuses opérations de restauration.”

29511867_10215902145969717_1708554341289295872_o

17, Rue de la Chapelle, Maison datant de 1619. Au fond à droite, les Brigittines.

La Chapelle des Brigittines est un ancien édifice religieux devenu salle de spectacle bruxelloise. Il est situé en contrebas du Sablon, sur la jonction Nord-Midi.

29497843_10215902146209723_853770697363685376_n

rue du Poinçon

Dans l’axe de la rue du Poinçon se trouvent un centre culturel, l’Espace MAGH, la maison de repos et de soins “Les Ursulines” du CPAS de Bruxelles et le plus ancien collège jésuite de la région, Saint-Jean-Berchmans, où l’enseignement se donne en néerlandais.

29365525_10215872427826782_4992038014239637504_n

Rue de Louvain 21, Bruxelles : Maison des Parlementaires.

Un carillon est situé sur la toiture de la maison des parlementaires, rue de Louvain n°13 à Bruxelles. Il est fort inaccessible. De plus, vu l’exigüité des lieux, il est toujours en contrejour. Il comporte 37 cloches. Ce sont des Eijsbouts. Elles datent de 1985 et 1988. C’est un carillon léger puisqu’il ne totalise que 1530 kilos de bronze, c’est-à-dire dix fois moins que Sainte-Gudule. Les cloches sont petites, le son est cristallin. Il sonne de manière automatique toutes les heures. Il y aurait un clavier de carillonnement manuel de marque Clock-O-Matic. Il ne fut plus utilisé durant une longue période. Le carillon aurait en effet  créé des interférences auprès de la gendarmerie, ce qui justifierait son utilisation au minimum. Le carillon est rejoué depuis 2013. Les cloches ne possèdent aucune épigraphie. Les jeux reprennent les hymnes flamands et wallons. Le carillonneur attitré assez régulièrement est Jos D’hollander.

La création du parc de Bruxelles coïncide avec celle de la place Royale, édifiée à partir de 1775 sur les ruines du château des ducs de Brabant, situé au sommet du Coudenberg et appelé communément depuis l’incendie qui l’a ravagé en 1731, « l’Ancienne Cour » ou « la Cour brulée ». Remanié et agrandi sous Jean III de Brabant et ensuite sous Philippe le Bon, le château était entouré de la place des Bailles, clôturée, et, à l’arrière, d’un parc divisé en deux parties : le grand parc ou warande, réserve à gibier (voir garande [archive]) qui s’étendait, à la fin du règne de Charles Quint, jusqu’à la rue de Louvain et aux remparts situés porte de Namur ; le petit parc, situé dans le vallon du Koperbeek, entre l’arrière du palais et le bois. Celui-ci comprenait un jardin d’agrément privé, dénommé au fil de ses réaménagements successifs, tantôt « Feuillée », tantôt « Labyrinthe » par évocation des berceaux de verdures, portiques et bassins du labyrinthe de Corinthe. Sur le versant opposé, un vignoble, une orangerie et des volières d’oiseaux exotiques et, dans le reste du vallon, un jardin de fleurs et un étang agrémentaient l’ensemble. Le château est la proie des flammes dans la nuit du 3 au 4 février 1731. L’incendie a pris dans les cuisines où l’on préparait des confiseries pour le prochain bal. Il laisse derrière lui un champ de ruines et un parc délaissé. D’aucuns proposent une reconstruction partielle du site, mais l’argent manque.

Pour le vingt-cinquième anniversaire de son installation comme gouverneur des Pays-Bas autrichiens, les États de Brabant souhaitaient ériger une statue à Charles de Lorraine. Le prince de Starhemberg, ministre plénipotentiaire de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, proposa de l’installer sur la place, devant les ruines arasées pour l’occasion. Dans la foulée, il suggéra d’étendre la place, de la border d’édifices réguliers et de remanier le parc. L’impératrice donnait son accord le 1er juillet 1775, à condition que la Ville de Bruxelles en assume le financement. Ardues, les négociations aboutiront à la signature de deux conventions, l’une pour la place, l’autre pour le parc. La Ville assurait le financement des voiries limitrophes tandis que le gouvernement prenait l’aménagement du parc à sa charge.

La volonté du concepteur du plan du quartier, Barnabé Guimard assisté, pour l’aménagement du parc, de Joachim Zinner, était de faire, du quadrilatère formé par le parc, un point central de réorganisation du quartier environnant en le dotant de bonnes communications avec la ville en expansion. Les travaux s’étaleront de 1776 à 1783. Tout est aplani et refait : 1 218 arbres sont abattus pour tracer les nouvelles allées en patte-d’oie qui relient le Palais de justice de Bruxelles, le Palais royal de Bruxelles, le palais de la Nation et la place du Trône.

Mais en 1793, les occupants révolutionnaires français le ravagent et abattent sauvagement les statues et les bustes des empereurs romains dont on l’avait orné. La Ville de Bruxelles, qui gère le parc dès 1797 avant d’en devenir propriétaire par arrêté royal du 23 avril 1817, s’attache à réparer les dégâts et repeuple bientôt le parc de statues et de bustes actuels. À court d’argent, elle organise aussitôt une souscription publique au terme de laquelle la direction de l’entretien du parc est confiée aux trente plus généreux donateurs. Les résultats dépassent largement les attentes et les mécènes victorieux délèguent sept représentants qui constituent la commission du parc.

Lors de la révolution d’indépendance de la Belgique, le parc sert de refuge à l’armée hollandaise assiégée par les insurgés du 23 au 27 septembre 1830, date de sa retraite vers Anvers.

Victime des outrages du temps, le parc a fait l’objet d’une campagne de restauration en profondeur qui s’est achevée en 2001. Des arbres ont été abattus et replantés, les taillis revivifiés, les chemins et les pelouses recoupés et refaits, le mobilier rajeuni et les kiosques du côté du Palais royal reconstruits.

29543190_10214014890059603_6269286711229788981_n

Louis Janmot – Poème de l’âme 16 – Le Vol de l’âme

Le Poème de l’âme Cette série de 34 tableaux est l’œuvre la plus connue de Janmot. Il écrivit à cet effet un poème cyclique dont la première partie fut publiée en 1854 à Lyon par l’éditeur Vingtrinier. Dans l’édition de 1881 à Saint-Étienne, Janmot enrichit le poème d’une seconde partie, tout en corrigeant quelque peu la première, remplaçant quelques strophes et en ajoutant de nouvelles. L’œuvre picturale comprend 18 peintures et 16 dessins (musée des beaux-arts de Lyon) :

Louis Janmot – Poème de l’âme 16 – Le Vol de l’âme

Ils ont maintenant quitté le sommet de la montagne, et en même temps le monde réel. La jeune fille soutient le jeune homme pour l’entraîner au-dessus des plaines, plus près des cieux. Dans le poème, nous pouvons lire que le coryphée émet une mise en garde au jeune couple : la nouvelle contrée vers laquelle ils se dirigent est certainement moins séduisante qu’ils ne se l’imaginent. Cependant, cette envie d’évasion et cet élan qui les pousse hors d’eux-mêmes constitue une profonde description de l’amour. Cet envol “débloque” la situation présentée dans le tableau précédent.

François-Xavier Delmeire

Né en 1971 à Mouscron, François-Xavier Delmeire y tiendra une librairie spécialisée dans la Bande dessinée jusqu’en 2015. Spontanément, l’homme s’intéresse aux images, il se livre aux joies du collage-assemblage. Le collage élevé au rang d’art par le mouvement surréaliste (XXème siècle) «cultive les décalages et les détournements.»
Les collages de François Xavier Delmeire relèvent de cet univers subtilement maîtrisé.

Soignies, Rue de la Station

Le Modern Hôtel (73 rue de la Station) : Cet hôtel et brasserie-restaurant, dessiné par l’architecte Émile François en 1904, est classé depuis 1980 : il est le seul restaurant en Belgique francophone à présenter une architecture Art nouveau. Sa façade, faite de briques rouges et de pierre bleue, est de style Art nouveau géométrique. La façade principale est ornée de deux immenses baies vitrées circulaires encadrées chacune d’un arc outrepassé en pierre bleue. Une baie similaire orne le pignon de la façade d’angle. À l’intérieur se trouvent les lustres et le balcon en fer forgé de style Art nouveau floral. Cet hôtel accueillait les musiciens lors des fêtes.

Soignies, Rue de Mons

28467825_10215692874618064_2865174590086544924_n

Une œuvre d’art vaut pour ce qu’elle est et dit, et non pour ce qu’elle annonce. Depuis des années, Constantin Ekonomides s’est consacré à l’étude des œuvres des peintres luministes belges. Il est animé par la conviction qu’il faut les regarder pour leurs qualités propres, et non par rapport à ce passionnant moment de la peinture dite impressionniste qui apparaît en France à partir de 1874. Les novateurs, qui ont tourné le dos à l’académisme dont l’école française avait mis en place le système dès 1800 en Belgique, sont apparus au tournant des années 1850 et 1860. La réception par le public belge de ces peintres en rupture complète avec le système n’est pas allée sans peine. Plusieurs d’entre eux connurent une misère noire. Les groupements et expositions créés par ces artistes n’eurent qu’une vie éphémère, marquée par les difficultés financières. En se mêlant à La Chrysalide et fréquentant ces artistes novateurs à la fin des années 1870, Octave Maus fit ses classes auprès d’eux et entra pleinement dans la compréhension de la problématique de l’art de son temps.

 

27337079_10156314005692280_395347108370895719_n

Hylas and the nymphs, Waterhouse, 1896

L’histoire d’Hylas fait partie du mythe de Jason et les Argonautes. Il était un beau jeune homme, élève et amant présumé d’Hercule. Il est envoyé chercher de l’eau mais, surpris par des nymphes, n’aura pas le temps de remplir son pichet. L’une d’elles, charmée, vient à sa rencontre pour l’embrasser. Hylas disparaît sans laisser de trace, hypnotisé, il n’a d’autres choix que de suivre les nymphes. D’ailleurs sur le tableau, Hylas apparaît de dos, attiré vers les nymphes qui lui font face. Cette mise en scène met le spectateur dans le même cas de figure et reporte son attention sur le cercle de nymphes, plus que sur Hylas lui-même. Elles sont nombreuses face au seul Hylas et leur ressemblance surnaturelle, ainsi que la douceur de leurs traits, hypnotise. C’est une sorte d’enlèvement et pourtant douceur et délicatesse prévalent dans cette peinture ; les couleurs de la nature, la peau pâle des nymphes, la transparence de l’eau et des nénuphars qui dissimulent légèrement leurs corps. Finalement, subjugué, Hylas les suit de son plein gré et entraîne le spectateur avec lui.

33020345_10216365414951152_828709009140744192_n

92 rue Africaine Benjamin de Lestrée (1904)

Benjamin De Lestré de Fabribeckers (1865-1928) construit l’une de ses plus belles maisons justifiant de façon géniale et sensible la raison d’être de la nouvelle architecture : la quête de la lumière .De briques claires rehaussées de pierres blanches et bleues, la façade est dans le style Art nouveau géométrique initié par Paul Hankar. Elle se caractérise par son rythme asymétrique: les deux baies du rez-de-chaussée sont surmontées par un large bow-window à trois fenêtres s’appuyant sur une console centrale. Au-dessus,  le vaste balcon est accessible par une grande porte inscrite dans un unique arc de briques outrepassé et, enfin, aux derniers étages trois baies plus étroites. Mais ce qui fascine le plus ici, c’est le remarquable travail décoratif Art nouveau en fer forgé et en pierre blanche. De Lestrée  utilise de façon répétée un élément au symbolisme caché : le double cercle enchassé porté par trois tiges végétales stylisées. On le retrouve notamment dans la ferronnerie de la double porte d’entrée et dans les portes intérieures du halle d’entrée. Le décor intérieur de cette maison a été largement conservé, malgré l’installation d’un ascenseur,  mais si le hall d’entrée est Art nouveau, le bel étage trahit la schizophrénie des premiers propriétaires déchirés entre aspiration moderniste et goût inébranlable pour la tradition (en l’occurrence : dans la grande pièce avant c’est néo-renaissance flamande et cuir de Cordoue). Mais à l’arrière c’est la lumière qui l’emporte dans la grande salle de réception. 

Benjamin de Lestré est né le à Grammont en Flandre. Il fait ses études à l’École Saint-Luc de Gand, avant de retourner à Grammont où il construira sa première maison. En 1895, il épouse Mathilde de Fabribeckers : par la suite, il accolera le nom de son épouse au sien et signera ses réalisations du nom de « Lestré de Fabribeckers ». Il travaillera à Bruxelles avec Josse Van Kriekringe durant une courte période (tout en gardant un bureau à Grammont jusqu’en 1901). Ensemble, ils gagneront le premier prix pour le concours de façades du quartier Saint-Boniface à Ixelles (en 1899). À partir de 1901, Benjamin de Lestré de Fabribeckers s’installe définitivement à Bruxelles. Ses maisons seront teintées d’Art nouveau jusqu’aux années 1910 (situées à Ixelles pour la plupart). Après la première Guerre Mondiale, il fera partie du groupe d’architectes qui reconstruiront la région de l’Yser. Il décède à Ixelles le 19 avril 1928, il avait manié tant le style « Art nouveau géométrique » que le style « Art nouveau floral »

28238634_10215623101833788_7128239895656078765_o

Sgraffite, Avenue de Tervueren, 93

avenue de Tervuren

Privat-Livemont

Après des études à l’académie de Saint-Josse (plusieurs Prix), où il a reçu l’enseignement de Louis Hendrickx, il passe quelques années à Paris (1883-1889) où il participe à la décoration de l’hôtel de ville. Peintre décorateur, il est aussi affichiste, caricaturiste et compose des cartons pour mosaïques et tapisseries. Il est également peintre sur toile et réalise ses premiers sgraffites en 1900. Symboliste, Privat-Livemont est tenté très tôt (1896) par l’esthétique Art nouveau. Ses nombreuses affiches, souvent primées, en feront le Mucha belge.

En collaboration avec l’architecte Henri Jacobs, il décore de sgraffites art nouveau de nombreuses façades et écoles communales et laïques de Bruxelles. Les sgraffites de l’école Josaphat sont remarquables.

Privat-Livemont a également été photographe. Les plaques photographiques et les autochromes de cet artiste belge sont à la base de la genèse de l’esthétique féminine dans l’Art nouveau. Il a collaboré à de nombreux périodiques, comme Le Journal illustré de janvier à février 1891, et a donc associé son travail de photographe et d’illustrateur, il a réalisé avant l’heure le principe de « capture de mouvement », qu’il a par ailleurs développé lors de la création de ses célèbres affiches. Sa grande modernité et son apport essentiel à l’histoire de l’art se résument à sa capacité d’associer le classicisme du dessin et la modernité de l’image ou de la photo. Il a reçu les honneurs de prestigieux supports graphiques tels Les Maîtres de l’affiche et The Poster. Sa première épouse, Madeleine Brown, femme à la silhouette plantureuse et déliée et rencontrée à Paris, lui sert souvent de modèle.

La Grande Maison de Blanc est un important témoin de l’Art nouveau en Belgique situé aux nos 32-34 de la rue du Marché aux Poulets à Bruxelles qui présente une abondante décoration constituée de superbes panneaux en céramique réalisés par la faïencerie Boch de la Louvière d’après des dessins de Privat Livemont en 1897.

30226755_10216052629811719_8951149879988584448_n

rue de la violette

Centre Ville, Anderlecht, tant de vues surprenantes…

32492045_10216334174170152_5277611832859688960_n

Anderlecht, Rue du Prétoire

 

30226366_10216052629651715_5308970338275557376_n

Boulevard Clovis, Bruxelles : Maison Van Dyck

La Maison Van Dyck a été construite à Bruxelles en 1900 par l’architecte Gustave Strauven en style art nouveau. La façade de cette maison est divisée en deux travées aux proportions inégales et totalement différentes. La travée de gauche, plus large, plus élevée et convexe tranche avec la partie droite composée d’ouvertures rectangulaires sous forme de loggias. Un jeu de briques bicolores consolide néanmoins l’unité de cette construction originale.

La travée de gauche. La partie supérieure est constituée d’un étonnant pignon faisant penser à la proue de navire. Les trois étages sont convexes et formés chacun de trois baies vitrées elles-mêmes divisées d’une façon différente à chaque niveau. Des briques bicolores sur champs coiffent les fenêtres des premier et troisième étages tandis que celles du deuxième sont surmontées de simples poutres en acier. Des garde-corps en fer forgé et au dessin varié en coup de fouet ornent chaque petite terrasse. Des consoles aux formes exubérantes soutiennent les balcons.

La travée de droite. La loggia du deuxième étage est précédée d’un garde-corps où la ferronnerie est complétée par une pierre bleue sculptée aux formes japonisantes tandis que celui du premier étage comporte des piliers en pierre devançant le fer forgé. La porte cochère est décorée d’un fer forgé omniprésent faisant la part belle aux courbes en coup de fouet.

 

14590137_10211037180668625_1767992121592818302_o

Avenue Eugène Demolder, Schaerbeek

 

Avenue de Tervuren

 

28467802_10215725058262635_5471047979831447192_n

Porte de Tervuren, rue des Aduatiques

27972650_10215623101913790_6746188799911671202_n

Avenue Latinis, Schaerbeek

Maison bourgeoise de style Art Déco, signée et millésimée sur le soubassement « G. BOSSUYT / ARCH = 1925 ».

L’architecte conçoit la maison pour ses parents. Il obtient une dérogation au règlement différentiel sur les bâtisses – interdisant l’installation d’ateliers dans le quartier – qui lui permet de construire un petit bâtiment arrière à usage de garage et d’atelier d’architecte, atelier qu’il occupa lui-même.

Élévation de composition asymétrique sous toit mansardé. Façade en briques rouges, rehaussée de pierre blanche et de simili-pierre blanche. Travée principale de trois niveaux sous pignon, flanquée aux étages de pilastres à amortissement. Au premier, étroite fenêtre entre deux plus larges. Au second, triplet devancé d’un balconnet de plan cintré à garde-corps en fer forgé. Travée d’entrée de deux niveaux, percée d’une porte cochère surmontée d’une logette de plan triangulaire sur cul-de-lampe; lucarne à fronton. Linteaux du premier étage ornés de besants. Décors de briques en saillie. Corniche d’origine. Porte et châssis conservés, à vitraux géométriques.

Intérieur. Cage d’escalier centrale de deux niveaux, sous lanterneau à vitrail géométrique. En 2009, lanterneau couvert d’une dalle de verre pour permettre l’aménagement d’un jardin d’hiver (architecte Stéphane Lissilour).

 

29342547_10215867973395424_3382933941336932352_o

Avenue Latinis, Schaerbeek

Paula Bisman. Née et décédée à Namur (1897-1973). Après des études à l’école moyenne de Namur, elle suit, en 1913, les cours de D. Merny à l’Académie des beaux-arts de Namur. En 1919, elle entre pour sept ans à l’Académie de Bruxelles où elle sera l’élève de H. Richir et de J. Delville pour la peinture, de V. Rousseau et P. Dubois pour la sculpture. Elle obtient quatre médailles d’or et bénéficie dès 1927 d’une distinction au prix de Rome pour la sculpture. De nombreux voyages complètent sa formation: Amsterdam, Paris, La Haye.

Elle entamera ensuite une brillante carrière de peintre sculpteur. De formation classique, elle aborde tous les genres picturaux: paysage, portrait, scènes d’intérieur.

Expositions à Bruxelles, Gand, Anvers, Liège, Charleroi, Namur, Spa, mais aussi à Paris et dans les provinces françaises. Au décès de l’artiste, une trentaine de peintures et trois bronzes furent légués à la ville de Namur.

M. Dricot, Bertrix, 7483;

J. Charlier, Bxl, 7495.

29356822_10215872428946810_4453931852465438720_n

Georges Minne, “La Fontaine des Agenouillés”

Oeuvre de Georges Minne, Rue de Louvain, Bruxelles,

En 1898, il crée “La Fontaine des Agenouillés”, chef-d’œuvre incontestable de la sculpture symboliste, pour laquelle il imagine cinq personnages autour d’un bassin : l’art introverti de Minne est là avec un maximum de clarté et de simplicité formelle.

Ci dessous, la Maison du Peuple, détruite dans les années soixante pour laisser place à un immeuble fonctionnel quelconque …

31671237_10216613325427863_2971229345688846336_n

 

31178441_10216163262217460_127306313871917056_o

Darmstadt

Palais Stoclet et Sécession viennoise…

Un point de repère familier

Le bâtiment d’un blanc immaculé, qui tranche avec la coupole étincelante, est en cours de rénovation et les indélicats ont utilisé l’échafaudage pour atteindre le toit et s’emparer de six à huit fragments métalliques recouverts de feuille d’or, a indiqué mercredi une porte-parole de la police Irina Steirer. Le vol a eu lieu dans la nuit de lundi, selon la police. Le dôme doré, visible de loin, est un point de repère familier du paysage viennois.

Fresque de Gustav Klimt

Achevé en 1898, le bâtiment de l’architecte Joseph Maria Olbrich a été conçu comme le manifeste des artistes de la Sécession, un courant de l’Art nouveau en rupture avec l’académisme, dont le peintre Gustav Klimt est l’artiste le plus emblématique.

La façade porte la devise de ce groupe en rupture : “A chaque époque son art, à l’art sa liberté“. L’édifice abrite notamment la frise Beethoven, une fresque de Klimt dont Vienne célèbre cette année le centenaire de la mort.

A l’époque, l’esthétique du pavillon ne fit pas l’unanimité et la coupole en conserve le surnom affectueux de “chou doré“.

Pour la rénovation, qui s’achèvera en mai, elle a été démontée et quelque 2.500 feuilles de laurier, ainsi que 311 “fruits“, ont été restaurées.

Les feuilles en métal doré, d’environ 60 centimètres, valent chacune moins de 1.000 euros, a déclaré à l’AFP la porte-parole de la Sécession, Karin Jaschke. “Les mesures de sécurité ont été renforcées“, a-t-elle ajouté.

31180311_10216166286853074_6990131734633250816_n

La Sécession à Vienne

30740530_1884226731876305_6759089506813483214_n

“La Violiniste”(1910), Marc Chagall (Arts&Emotions)

Contemporaine de ces beaux immeubles…

Le style cottage (de la fin du XIXe au milieu du XXe s.) s’inspire de l’architecture rurale, et particulièrement des « cottages » anglais. Il se caractérise par l’emploi d’éléments de bois ou de faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes, etc. Des formes pittoresques, particulièrement celles des toitures, enrichissent les volumes.

Vue sur le Collège Saint Michel – Terrasse de l’immeuble conçu par Guy Misson, Architecte, 115, Bd Saint Michel, Etterbeek

29314240_10215424474554818_7932242556291645440_n

Georges Van Kerkhoven, rue de Washington, 92, Ixelles

29342609_10215872428106789_4473147067996307456_n

rue Ernest Allard

31073157_10216156591170688_1771951524616863744_n

François Xavier Delmeire et Edward Burne-Jones (Le Ménestrel)

Rue de la Brasserie

Style Beaux-Arts (de 1905 à 1930 environ). Courant architectural puisant son inspiration dans les grands styles français du XVIIIe siècle. Riche et ornementé, il se caractérise souvent par des élévations en (simili-)pierre blanche et/ou brique orangée ainsi que par l’usage du fer forgé pour les garde-corps et la porte

31351399_10216198147529571_1166730593262632960_n

“L’âme sentinelle” (1982-1984) de Nat Neujan

Durant les années 1939 à 1941, Nat Neujean est accepté comme élève libre à l’Académie des beaux-arts d’Anvers. En 1941, à la suite de l’expulsion des étudiants belges d’origine juive des lieux d’enseignement, il s’installe définitivement à Bruxelles et prend, sur les conseils d’un ami résistant, le nom de Neujean.

Nathanaël Neujean, dit Nat Neujean, est né à Anvers le 5 janvier 1923. Il est décédé à Uccle le 4 février 2018. Très jeune, il s’initie à la sculpture et fréquente l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers. En 1941, il est contraint de quitter la ville, expulsé de l’Académie par l’occupant nazi et s’installe à Bruxelles où il vit dans la clandestinité. De 1946 à 1947, il étudie l’anatomie à l’école des Beaux-Arts de Paris. Rentré à Bruxelles, il reçoit, à partir de 1950, ses premières commandes officielles. Il travaille aussi à Florence et Milan (depuis 1955, il collabore avec la Fonderia d’Arte De Andreis – s’il a réalisé quelques œuvres en biscuit, en pierre ou en marbre de Carrare, la quasi-totalité de sa production est en bronze) et est appelé à enseigner la sculpture à Boston, à la Fine Art School of the Museum ainsi qu’à l’université. Les plus grandes galeries de New York, Toronto, Boston, Washington, Chicago, Montréal lui consacrent des expositions personnelles. À l’occasion de ses 80 ans, l’Académie royale de Belgique organise une rétrospective de ses œuvres La mémoire du XXème siècle.

Il est titulaire de nombreux prix (Prix de la Ville de Namur – 1952, Prix Égide Rombaux – 1960, Prix de l’œuvre Nationale des Beaux-Arts – 2000).

Il a été élu correspondant de la Classe des Beaux-Arts de l’Académie royale de Belgique le 8 juin 1972, en devient membre le 7 juin 1973, et sera admis à l’éméritat le 2 juillet 2009. Il a dirigé la Classe en 1978.

En 1995, il est élu membre correspondant de l’Academia Nazionale di San Luca (Rome).

Il est Grand Officier de l’Ordre de Léopold et Grand Officier de la Couronne.

Ses œuvres figurent dans des collections privées et publiques, en Belgique et à l’étranger.

Neujean a produit une œuvre multiple, dense, riche et authentique. Sculpteur figuratif, il est l’auteur de monuments mais aussi de portraits (Paul Delvaux, André Malraux, Henry Moore, Robert Schuman, Léo Houziaux, Hervé Hasquin). Guidé par le sens de l’humain, en portraitiste attentif, il fouille les âmes tout en respectant ses modèles et fait ainsi ressortir la quintessence de la personnalité.

Hanté par la guerre et marqué par la tragédie de l’Holocauste, il fait de la figure humaine le centre de son œuvre. Dès 1945, il se lance dans des études pour la Mémoire de la Déportation. Nat Neujean s’inscrit dans la grande tradition de la sculpture classique puissante et créative. Parce qu’il a atteint un rare degré de maîtrise balisée par la volonté de créer une forme matérialisée par une présence, il ne tombe jamais dans la virtuosité superficielle. Il ne joue pas la forme pour la forme et reste au plus près du sens. La Déportation, L’Aliénation, Le Silence, L’Épreuve, disent l’angoisse, la souffrance, l’indicible. Le corps, dépouillé de toute théâtralité, est mobilisé dans son essence.

Dans les années 1960, au travers de figures féminines, il est également capable d’exprimer la beauté. La sensualité se dégage du frémissement des corps. Elle est dans l’arrondi d’un sein que la lumière accroche ou dans le galbe d’une fesse sur laquelle elle s’attarde.

L’œuvre s’accomplit dans le recueillement, la méditation, la distanciation, la pensée se cristallise dans la matière. Elle devient le lieu de l’existence du monde et comme l’écrit à son sujet Germain Bazin : « l’instable est son domaine et l’équilibre son triomphe ».

28467635_10215692874938072_6978070357279059314_n

Immeuble, avenue Sterckmans à Woluwe Saint Lambert, bas relief

Michel STERCKMANS est un artiste né en 1883. Jusqu’à la Révolution française, l’Hof ter Cauwerschueren fut la propriété du clergé, notamment de l’abbaye de Forest et de celle de la Cambre. Ensuite, elle passa aux mains de plusieurs fermiers avant d’être occupée par des artistes, notamment le peintre Michel Sterckmans.

26733877_1072518002888650_4870021779334377277_n

François Xavier Delmeire

30126993_10216036580730502_4477886817810513920_n

Place de Jamblinne de Meux

La place de Jamblinne de Meux (en néerlandais: Jamblinne de Meuxplein) est une place bruxelloise de la commune de Schaerbeek située à la jonction de l’avenue de Cortenberg et de l’avenue de Roodebeek. La rue du Noyer, la rue de Linthout, l’avenue de l’Opale, l’avenue Eugène Plasky, la rue Rasson, l’avenue Milcamps et la rue des Patriotes y aboutissent également.

Cette place porte le nom d’un ingénieur, le baron Théophile de Jamblinne de Meux, né à Émines le 28 décembre 1820 et décédé à Bruxelles le 28 avril 1912. Il dessina entre autres les plans du barrage de la Gileppe.

L’Afrique et l’Asie, omniprésentes à Bruxelles

Monique LENOBLE est une artiste aux facettes multiples.
Comme comédienne elle a joué dans une trentaine de spectacles, du répertoire classique (Maeterlinck, Molière, Racine, Shakespeare, Strindberg, Lorca, etc) au contemporain (Hugo Claus, Victor Haïm, Alfred Jarry, etc) dans des lieux très divers: en Belgique au Théâtre National ou au Théâtre-Poème, en France au Théâtre Hebertot, au Théâtre Antique d’Orange, au Théâtre de Feu (Centre dramatique des Landes), au Festival d’Avignon,… Comme metteur en scène elle a réalisé ses premières créations à Paris au Théâtre du Lys-Montparnasse (« La Plus forte » et « Créanciers » de Strindberg).
Suivirent « La Valse du Hasard » de Victor Haïm au Festival d’Avignon (Théâtre de la Condition des Soies). A L’Eden de Charleroi elle monta « L’Autre Antigone» de Cara. Elle monta également de nombreuses pièces au Théâtre Poème et au Festival du Château de Seneffe dont «Requiem» de Cocteau, « Alexis ou le Vain Combat » de Marguerite Yourcenar,… au nouveau Poème 2 avec « Ah!Aristophane » et « La Femme de l’Homme Au Chapeau Boule » de Patrick Roegiers.

 

29313673_10215867974035440_2843855325952475136_o

Hommage à Monique Lenoble, avenue Latinis, Schaerbeek

Tours et Taxis, Bozar, Ilôt Sacré

32944037_10216365416151182_1952845999412084736_n

Gare Centrale

29790033_10216036572690301_119100070183305216_o

vue culturelle cosmopolite, Anderlecht, avril 2018

 

« La Bambina Magritta », deuxième fresque murale de la future promenade dédiée à la Bande Dessinée européenne, rue Marteau. A deux pas de là, peinture murale, rue Marie-Thérèse.

 

22893973_10212527736340196_7982157669114797360_n

Hôte Gallery, 203, Rue Haute

 

Autour de Bers Gransinge à Hôte Gallery, 203, Rue Haute

32984789_370636433429736_6538929133672464384_n

Alexandra Naoumofski, Hôte Gallery

 

 

29542684_10215909742159617_1560610907128594432_n

Réflexions, autour du Collège Saint Michel.

« Demain, le Posthumain ? »
Conférence par Xavier Dijon, Professeur émérite de la Faculté de Droit de l’Université de Namur, qui est l’auteur du livre « Que penser de … ? Le Transhumanisme »

Au début de ce XXIème siècle, un courant né dans le monde anglo-saxon s’est proposé de mobiliser les nouvelles technologies pour permettre à l’être humain de faire reculer ses propres limites jusqu’à devenir transhumain -voire posthumain- en modifiant son génome par la biotechnologie, en couplant son cerveau avec l’ordinateur, en transformant ses cellules par des matériaux plus solides à l’échelle nanométrique, etc. […] Que devient, dans cette perspective, la relation que l’homme avait nouée avec la nature et avec son semblable ? Quels droits s’arroge-t-il sur sa descendance et sur son propre corps ? Quelle est, finalement, cette sorte de nouvelle religion sans Dieu ? […}

29496123_10215909742239619_8387995786771693568_n

Le bâtiment CBR de Constantin Brodzki, inauguré au début des années ’70 et situé chaussée de La Hulpe à Watermael-Boitsfort, est un témoin majeur de l’architecture “late modern” à Bruxelles. Comme la plupart des immeubles témoins de cette époque, il est aujourd’hui en danger et il s’agit d’enrayer en urgence le processus de démolition qui est en cours.

Deux événements menacent aujourd’hui l’intégrité de ce témoin majeur du modernisme à Bruxelles, malgré l’intention régionale d’inscrire l’immeuble et ses abords sur la liste de sauvegarde du patrimoine immobilier remarquable.

Premièrement un permis d’urbanisme a été octroyé afin de “réaliser des travaux de démontage des cloisons, des faux plafonds, des revêtements de sol et évacuation du mobilier (..)” Or l’immeuble est une œuvre totale et les équipements intérieurs participent d’un tout cohérent. Il s’agit, notamment, du mobilier (Florence Knoll, Jules Wabbes,..), cloisons en acajou, parquets, détails de béton bouchardé, vitrage isolant en façade, escalier arrondi (partant du rez-de-chaussée et menant au restaurant, en sous-sol), acoustique et conditionnement d’air. Ces éléments sont aujourd’hui confiés à l’entreprise générale Louis De Waele (dont les références en matière de respect du patrimoine laissent largement à désirer si l’on en juge par le cas de l’immeuble Swift à La Hulpe).

Il faut protéger d’urgence le 8e étage

Alors qu’il apparait que les démolitions des volumes intérieurs sont déjà très avancées (les démolitions atteindront bientôt le 8e étage, celui de la direction, soit le plus intéressant architecturalement car d’origine), iI est demandé aux autorités – régionales et communales – de veiller d’urgence à ce que ces éléments constituants, qui subsistent encore, soient préservés.

Deux immeubles vont être construits dans le parc

Deuxièmement un avant-projet a été soumis aux autorités pour la construction à l’arrière du site de deux immeubles à appartements (projet du bureau DDS+). Or l’arrêté du Gouvernement entamant la procédure d’inscription sur la liste de sauvegarde comme Monument vise la totalité du bâtiment CBR donc à la fois le bâtiment et ses abords. Le projet actuel ne respecte pas ce contexte et au contraire a une logique purement immobilière. Or, aucun immeuble ne devrait être construit dans le parc, conçu par l’architecte paysagiste René Péchère.

Le contexte historique de ce bâtiment est important, d’autant qu’il est reconnu dans l’histoire de l’architecture moderne mondiale et qu’en 1980, il fut la seule construction belge retenue par le Musée d’Art Moderne de New York lors de sa sélection de deux cents bâtiments dans le monde illustrant les “Transformations dans l’Architecture Moderne entre 1960 et 1980”.

Quand Brodzki est entré en scène

Rappelons que c’est en 1965 que la plupart des cimenteries belges, regroupées au sein de la Société Générale sous le sigle CBR (cimenteries et briqueteries réunies), décidaient d’édifier leur siège. Il apparut d’évidence qu’il serait préfabriqué, car si la préfabrication de constructions industrielles était déjà maîtrisée par la Société, celle concernant les immeubles administratifs ne l’était pas encore. Dans ce cas, en effet, toutes les notions de confort se réunissaient dans les domaines acoustiques, thermiques et visuels. L’objectif déclaré étant d’être les meilleurs dans tous ces domaines. L’expertise sur les grands immeubles administratifs était à l’époque à Bruxelles encore au stade embryonnaire. C’est alors que Constantin Brodzki est véritablement entré en scène. Parti à New York à la fin de ses études, il eut l’opportunité d’effectuer un stage aux Nations Unies dans l’équipe chargée de concevoir le nouveau Siège de l’ONU, à l’époque une référence mondiale.

Exceptionnel à plus d’un titre

C’est ainsi que Constantin Brodzki fut chargé de préparer les futurs choix en construisant dans une des usines du groupe des petits immeubles-test dont les façades ont servi à la mise au point des futurs éléments du siège central. C’est ainsi encore qu’il fut rapidement décidé qu’il n’y aurait pas de châssis aux fenêtres et que les vitres seraient enchâssées directement dans le béton et ce à l’exemple du fameux château de Louis II de Bavière. Il en résulta automatiquement l’installation d’un conditionnement de l’air complet, ce qui en fit le premier de ce genre en Belgique. Brodzki se chargea également de mettre au point l’ensemble de tout l’équipement, fixe et mobile, de l’immeuble. C’est d’ailleurs ce caractère d’œuvre totale et complète qui provoqua, par l’incompréhension de diverses personnes chargées de l’entretien de l’immeuble, des remises en ordre à deux différentes reprises au cours de son existence propre. Il était, en fait toujours parfaitement up to date.

Les deux évènements qui s’annoncent (démolitions des volumes intérieurs et projet de construction d’immeubles à appartements dans le parc) montrent à suffisance que le patrimoine de la seconde moitié du XXe siècle, aussi intéressant soit-il, est aujourd’hui le maillon faible dans l’approche patrimoniale. Une prise de conscience de tous les acteurs (politiques, associatifs, architectes, entrepreneurs,..) sur les qualités esthétiques et techniques de cette production architecturale est indispensable si on veut préserver un des témoins majeurs de cette période à Bruxelles.

–> Les signataires:

Pablo LHOAS, Architecte, Doyen de la faculté d’Architecture de L’ULB

Jean STILLEMANS, Doyen LOCI

Jacques SOJCHER, Ecrivain, professeur de Philosophie et d’Esthétique à l’ULB

Dag BOUTSEN, Decaan Faculteit Architectuur KU Leuven

Stephan STREKER, Cinéaste

Frédéric VERCHEVAL, Compositeur

Maurizio COHEN, Architecte, Ecrivain, Chargé de cours à la faculté d’Architecture de L’ULB, de l’ULG et Professeur au Polytecnico de Milan

Carlo MENON, Architecte

Michel VAN ASSCHE, Président de l’asbl Recherches et Prospetions Archéologiques

Quentin PARETE, Architecte

Ben DURAN, Galeriste

Michèle GROSJEAN, Artiste

Bénédicte LAMPIN, Architecte

Lambros COULOUBARITSIS, Philosophe

Françoise LALANDE, Ecrivaine

Daniel SOIL, Ecrivain

Hubert LIONNEZ, Architecte, Assistant à la faculté d’Architecture de L’ULB

Gery LELOUTRE, Architecte urbaniste, chargé de cours à la Faculté d’architecture de l’ULB

Michaël GOLDBERG, producteur

Maître Luc SILANCE, Avocat au Barreau de Bruxelles

Carlo MENON, Architecte et Editeur

Serge Colin, Architecte et Urbaniste CUB, Founding Partner et CEO de Skope

Véronique BOONE, Chargée de cours ULB Faculté d’Architecture La Cambre-Horta

Paul VERMEYLEN, Urbaniste, Président de FUP

Nicolas HEMELEERS, Urbaniste

–> Une pétition est lancée. Voici le lien: https://secure.avaaz.org/fr/petition/Mr_le_MinistrePresident_Rudi_Vervoort_de_la_Region_de_BruxellesCapitale_Immeuble_CBR_Petition_des_Amoureux_de_larchitect/?chLqVcb

La Libre Belgique, 5 juin 2018,

 

Sous le titre de 16 X Icarus , l’oeuvre de Paul Van Hoeydonck domine les quais de la station de métro “Comtes de Flandres”.

Iota … Gare du Nord

33430698_10216409042881823_8825044232814198784_n

Photos : jplegrand, textes, Wikipédia, Irismonument, La Libre Belgique…

Mons

Ancienne capitale des comtes de Hainaut, chef-lieu de la province de Hainaut, ville principale de l’arrondissement de Mons, Mons est le siège d’une des cinq cours d’appel belges. La population montoise est de 94 981 habitants en 2016 et son agglomération compte 258 058 habitants.

La région est occupée dès le Néolithique, principalement au sud de la Haine : à Spiennes, Givry (dans la commune actuelle de Quévy), mais aussi plus au nord, comme à Obourg.

Ensuite elle est peuplée de Nerviens. À l’époque romaine, une garnison se serait établie sur la colline montoise. D’après certains auteurs, se fondant sur deux textes médiévaux (une vita de sainte Aldegonde du viiie siècle et le testament d’Anségise, abbé de Fontenelle), le quadrillage caractéristique des camps romains se retrouverait dans la topographie actuelle de la ville. Le géologue Serge Ghiste a notamment tenté de le démontrer en superposant le plan de la ville au plan d’un camp romain. Cependant, aucun vestige ne vient confirmer cette hypothèse plausible.

32325276_10216325430751572_3834383288168873984_n

La ville actuelle est fondée au viie siècle durant l’époque mérovingienne, autour d’un oratoire érigé par Waldetrude, fille d’un intendant de Clotaire II, canonisée à sa mort en 688 sous le nom de Waudru. Waudru, suivant les conseils de son confesseur saint Ghislain, fonde un oratoire, devenu par la suite un monastère, sur un site inhabité du domaine d’Obourg-Nimy-Maisières, propriété de sa cousine Aye et de son époux, Hydulphe, un notable mérovingien.

Le site devient un enjeu militaire à la suite de l’implantation des Vikings à Condé-sur-l’Escaut en 876. Le premier comte de Hainaut (Lotharingie), Régnier au Long Col, construit une première forteresse, Castri Locus, destinée à lutter contre les envahisseurs. Cette forteresse est prise et réduite en cendres en 956, sous Régnier III. Dès 959, le comté fait partie de la Basse-Lotharingie.

À partir du xe siècle, les comtes de Hainaut font de Mons leur résidence principale et la ville devient leur capitale, un titre qu’elle aurait déjà reçu de Charlemagne en 804. Devenant le centre administratif du comté, Mons se développe durant les 800 ans qui suivent autour du nouveau château et du chapitre de Sainte-Waudru. Le bras de fer incessant entre l’autorité religieuse (le chapitre, propriétaire initial de la ville) et l’autorité civile (le comte de Hainaut) modèle le paysage montois.

Les grands travaux de rénovation et d’entretien des fortifications sont le fait de Baudouin IV et Baudouin V au milieu du xiie siècle. C’est à cette époque que Bernard de Clairvaux vient à Mons prêcher la croisade (1148). En l’an 1290, selon la  chtronique de Boussu cité par le Baron de Reiffenberg, « presque toutes les maisons de Mons sont de bois, et les forets qui environnent cette ville procurent aux habitans des matériaux en abondance ». Cette même année 1290, Jean II d’Avesnes construit la deuxième fortification qui, à la différence de la première, défend aussi la ville et non plus seulement le château : cette enceinte urbaine (frumeteit ou fermetei(t) en picard montois) est percée de six portes. Seule la Tour valenciennoise (1358) subsiste actuellement. Guillaume le Bon, fils et successeur de Jean II, permet au commerce de s’épanouir dans la ville.

Mons souffre également de plusieurs désastres au cours de cette période. En 1112, un incendie a déjà détruit une grande partie de la cité. En 1348, la peste noire sévit dans la ville et la population diminue fortement. La petite histoire veut que l’épidémie cesse après la procession, organisée par les autorités, des reliques de sainte Waudru. C’est l’origine de la ducasse de Mons.

En 1356, Marguerite II (d’Avesnes), comtesse de Hainaut, décède à Le Quesnoy : son fils, Guillaume Ier duc de Bavière-Straubing lui succède et devient le nouveau comte de Hainaut (Guillaume III). Celui-ci sera « inauguré » (entrée solennelle) à Mons le 26 février 1357. Un des premiers actes du comte sera l’imposition aux Bourgeois de Mons, aux Lombards et aux Juifs de demeurer constamment armés : cette obligation est à l’origine des « milices bourgeoises » qui maintiendront l’ordre, la sécurité et la défense perpétuelle des villes, des comtes et du pays de Hainaut.

En décembre 1424, Jean de Maurage, écuyer, massard de Mons, sauve la ville de Mons des Anglais en inondant les prairies devant la ville avec Christophe du Parcq, et ce, sur demande de la duchesse Jacqueline de Bavière (Informations Guilhem de Mauraige, Ingénieur du Patrimoine).

Collégiale Sainte Waudru

La construction de l’édifice est décidée par le chapitre de Sainte-Waudru: les travaux débutent en 1450 et durent pas moins de 241 ans. Les plans originaux sont établis par des architectes montois et Mathieu de Layens, natif de Soignies, entre autres, plans dont les maîtres successifs du chantier ne se sont pas écartés, ce qui donne au bâtiment son harmonie.

L’actuelle collégiale succédait à d’autres édifices qui ont occupé ce monticule depuis le viie siècle, époque de la fondation par sainte Waudru du premier ermitage. Son plan est en forme de croix latine ; sa longueur est de 115 mètres pour 32 mètres de largeur. À la clef de voûte, elle atteint 24,5 mètres de hauteur. Le chœur est entouré d’un déambulatoire et de 15 chapelles rayonnantes. Les matériaux ayant servi à sa construction sont le grès, la pierre bleue et la brique.

La construction d’un clocher de 190 mètres de haut était prévue à l’origine : les travaux furent entamés en 1548.En 1620 les bâtiments s’arrêtèrent, sans que l’église soit jamais terminée. Ils s’arrêtèrent définitivement en 1691 à hauteur du toit de la nef. Le fait est devenu depuis lors proverbial : quand quelque chose met du temps à prendre fin, les Montois disent : «C’est la tour de Sainte-Waudru, on n’en verra pas le bout! »

Lors de la Révolution française, le bâtiment fut utilisé comme écurie et faillit être démoli. À partir de 1803, elle est rendue au culte non plus comme paroisse personnelle des chanoinesses, mais comme paroisse principale de la ville de Mons, rôle autrefois dévolu à Saint-Germain, une église contiguë à Sainte-Waudru, qui fut rasée en 1799.

32385563_10216310098128266_7664831922438144000_n

Hommage à Roland de Lassus à Mons ville où il fut chantre dans la paroisse Saint Nicolas en Havré.

Dès son plus jeune âge, Roland de Lassus étudie la musique. Il est très vite inscrit comme « enfant de chœur », c’est-à-dire comme enfant chantant dans le chœur de l’église, et donc comme élève de la maîtrise de l’église Saint-Nicolas-en-Havré, à Mons en Belgique. Il y étudiera le chant, et plus généralement la musique, jusqu’à l’âge de 12 ans. Le niveau de ces écoles était élevé : c’était en quelque sorte les ancêtres des conservatoires. Les enfants y recevaient aussi un enseignement général.

Sa voix exceptionnelle attirait les convoitises, si bien qu’il fut à trois reprises l’objet de tentatives d’enlèvement. À l’âge de douze ans, il quitte les Pays-Bas avec Ferdinand Ier Gonzague et se rend à Mantoue, en Sicile, et plus tard Milan, où il reste de 1547 à 1549. À Milan, il fait la connaissance du madrigaliste Hoste da Reggio (Bartolomeo Torresano), qui aura une influence formatrice sur son premier style musical.

Hommage à Roland de Lassus à Mons ville où il fut chantre dans la paroisse Saint Nicolas en Havré.

Il a ensuite travaillé en tant que chanteur et compositeur pour l’évêque Costantino Castrioto à Naples au début des années 1550. Les premières œuvres datent de cette époque. Ensuite, Roland de Lassus s’installe à Rome, où il travaille pour Cosme Ier de Médicis, grand-duc de Toscane. En 1553, à Rome, il devient maître de chapelle de la basilique Saint-Jean-de-Latran, un poste prestigieux pour un homme de vingt et un ans. Toutefois, il n’y reste qu’un an. Le compositeur italien Giovanni Pierluigi da Palestrina lui succédera en 1555.

On perd sa trace en 1554, mais des recherches récentes permettent de supposer qu’il a voyagé en France et en Angleterre. En 1555, il retourne aux Pays-Bas et ses premières œuvres sont publiées à Anvers en 1555 ou 1556. En 1556, il rejoint la cour d’Albert V de Bavière, qui désire s’entourer de musiciens prestigieux à l’instar des cours des princes italiens. Lassus a été l’un des ressortissants des Pays-Bas à y travailler, et il est de loin le plus célèbre. Il est évident qu’il était heureux à Munich et il a décidé de s’y installer. En 1558, il épouse Regina Wäckinger, la fille d’une dame d’honneur de la duchesse ; ils ont deux fils, devenus tous deux compositeurs. En 1563, Lassus est nommé maître de chapelle à Munich, succédant à Ludwig Daser à ce poste. Il demeure au service d’Albert V et son héritier, Guillaume V de Bavière, jusqu’à sa mort.

Son art fut d’emblée reconnu et Roland de Lassus était, dès le milieu du siècle, surnommé le « divin Orlande » par le poète Ronsard, ou « Prince de la musique » par ses contemporains, ou encore, plus tard, l’« Orphée belge ». Dans les années 1560, Lassus était devenu très célèbre, et des compositeurs se rendaient à Munich pour étudier avec lui, comme Andrea Gabrieli. Celui-ci s’y était rendu en 1562, et peut-être est-il resté dans la chapelle pour une année ; le neveu d’Andrea, Giovanni Gabrieli a sans doute étudié avec Lassus dans les années 1570. Sa renommée s’est propagée en dehors du milieu musical proprement dit, car en 1570, l’empereur Maximilien II l’anoblissait, fait rare pour un compositeur. Le pape Grégoire XIII le fit chevalier. En 1571 et en 1573, le roi Charles IX de France, grand amateur de musique, l’invita à la Chapelle royale. En effet, le roi ayant nommé un musicien ecclésiastique réputé évêque de Montpellier avait besoin d’un autre grand musicien. Il est possible que le compositeur soit parti de Bavière. Quoi qu’il en soit, Charles IX décéda malheureusement en 1574, avant que Lassus n’arrive à Paris3. Certains de ces rois et aristocrates ont tenté de l’éloigner de Munich avec des offres plus attrayantes, mais Lassus était évidemment plus intéressé par la stabilité de sa position, et les possibilités offertes par la cour d’Albert, que par l’aspect purement financier. « Je ne veux pas quitter ma maison, mon jardin, et les autres bonnes choses à Munich », a-t-il écrit au duc de Saxe en 1580, après avoir reçu une offre pour un poste à Dresde.

À la fin des années 1570 et 1580, Roland de Lassus a effectué plusieurs voyages en Italie, où il a été en contact avec les styles et tendances les plus modernes. Il écrivit « Ô vin en vigne », ronde de vendangeurs harmonisée en 1576. À Ferrare, centre de l’activité avant-gardiste, il a sans doute entendu les madrigaux composés pour la cour d’Este, mais son style est resté conservateur et est devenu plus simple et plus raffiné. Dans les années 1590, sa santé commença à décliner. Après avoir subi une attaque cérébrale, il a consulté un médecin du nom de Thomas Mermann pour soigner ce qu’on appelait « mélancolie hypocondriaque », mais il était encore capable de composer et même de voyager à l’occasion. Ses dernières œuvres sont d’ailleurs souvent considérées comme majeures : un ensemble de 21 madrigaux spirituels connu sous le nom Lagrime di San Pietro (« Les larmes de Saint Pierre »), qu’il a dédié au pape Clément VIII, et publié à titre posthume en 1595.

Lassus est décédé à Munich le 14 juin 1594, le jour même où son employeur avait décidé de se séparer de lui pour des raisons financières. Il n’a jamais lu la lettre lui signifiant son congé.

32349955_10216316859017284_2769049300737458176_n

Le buffet des grandes orgues est de style Louis XVI. Il avait été conçu pour l’abbaye de Cambron-Casteau, mais celle-ci ayant été supprimée à la suite de la Révolution française, l’orgue fut transféré à Sainte-Waudru au début du xixe siècle. Plusieurs restaurations modifièrent l’instrument depuis lors. L’orgue actuel, de Maurice Delmotte, fut mis en place en 1952 ; de style symphonique, il comporte 46 jeux répartis sur 3 claviers et pédalier. Après un dernier concert d’adieu à l’orgue Delmotte le 24 août 2014 par huit organistes belges, les grandes orgues sont démontées en septembre 2014 pour une restauration complète d’une durée d’environ 3 ans.

L’orgue de chœur a été construit par Maurice Delmotte, en 1952, pour pallier le manque dû à la restauration des grandes orgues. Il est construit avec le système UNIT, qui permet de multiplier les possibilités à partir d’un instrument très modeste. Il possède deux claviers et un pédalier, basé sur 3 jeux réels, mais 18 registres à la console.

Depuis 1992, l’organiste-titulaire de la collégiale est Bernard Carlier.

À Mons, mais quelle église ? Entre la Collégiale et la Gare, près de l’Artotheque et du Musée Duesberg

L’image contient peut-être : ciel, plein air et nature

32283700_10216310094928186_4164885544196636672_n

Le beffroi de Mons est un des plus récents parmi les beffrois de Belgique et de France. Ce beffroi, classé depuis le , relève du Patrimoine majeur de Wallonie1 et fait partie des beffrois de Belgique et de France classés au patrimoine mondial de l’Unesco depuis le 2. Il est le seul du pays construit en style baroque. Mesurant 87 mètres, il domine la ville de Mons, elle-même construite sur une colline. C’est Louis Ledoux qui en fut l’architecte. Il en dirigea les travaux de 1662 à sa mort survenue en 1667. Le travail fut poursuivi de 1667 à 1669 par Vincent Anthony. Ce beffroi est une construction de prestige qui a également servi à des usages comme la lutte contre le feu ou, durant la Deuxième Guerre mondiale, de point d’où se déclenchaient les alertes contre les bombardements.

Le beffroi de Mons ne possède pas toutes les caractéristiques des beffrois, comme le fait de contenir une prison, des locaux abritant la Justice, etc. mais le Hainaut, n’est pas une région de beffrois aussi caractérisée que plus au nord en Flandre belge ou en Flandre française.

Il abrite un carillon de 49 cloches.

Du haut de l’édifice, on peut observer le champ de bataille de la Bataille de Mons, en 1914, le Borinage, la plaine de la Haine et les collines ou buttes témoins des bords de celle-ci, les cimenteries et les terrils des anciens charbonnages du Levant de Mons à Bray (Binche).

32752112_10216334206010948_2527783146426990592_o

Maison construite dans le type d’architecture du xvie siècle, dite espagnole, selon la tradition des anciens Pays-Bas. Les caractères restent gothiques avec des pignons sur rue à pas de moineau ou gradins. Il s’agit d’une architecture sobre utilisant la brique. Ce matériau économique s’est considérablement développé après le grand incendie de 1548, lorsqu’il fallut reconstruire à frais réduits, la pierre étant trop coûteuse. Une ordonnance échevinale de 1548 interdit l’emploi des matériaux inflammables.

Les bâtiments ont été restaurés, en 19191920, sur les plans de l’architecte communal E. Bertiaux et sont occupés par la Maison de la Presse.

La première gare de Mons (SNCB) date de 1841. Il y a aujourd’hui, en 2018, une gare provisoire située à environ 15 min à pied du centre. L’ancien bâtiment, qui datait de 1952, a été démoli en 2013 et est remplacé progressivement par une nouvelle gare actuellement en travaux conçue par l’architecte Santiago Calatrava

Santiago Calatrava a suivi des études primaires et secondaires à Valence. À huit ans, il entre à l’école des arts et métiers pour y apprendre le dessin et la peinture. A 13 ans, sa famille profite de l’ouverture des frontières pour l’envoyer à Paris dans le cadre d’un échange scolaire. Par la suite, il voyage et étudie également en Suisse. Après ses études secondaires à Valence, il part pour Paris dans l’intention de s’inscrire à l’École des Beaux-Arts ; mais lorsqu’il arrive en juin 1968, il doit renoncer à son projet. Il retourne à Valence et s’inscrit à l’Escuela Tecnica Superior de Arquitectura, une institution relativement récente, où il obtient un diplôme d’architecture et suit un cours d’urbanisme. Pendant sa scolarité, il entreprend aussi des projets indépendants avec un groupe de condisciples, publiant deux livres consacrés à l’architecture vernaculaire de Valence et d’Ibiza.

Attiré par la rigueur mathématique de certains grands ouvrages de l’architecture historique, et sentant que ses travaux à Valence ne lui donnaient pas d’orientation claire, Calatrava décide de poursuivre des études de 3e cycle en génie civil et s’inscrit en 1975 à l’EPFZ (École polytechnique fédérale de Zurich). Il obtient son diplôme d’ingénieur en 1979. C’est à cette époque qu’il rencontre puis épouse sa femme, étudiante en droit à Zurich.

Après ses études, Calatrava occupe un poste d’assistant à l’EPFZ et commence à accepter de modestes commandes de génie civil, telles que la conception du toit d’une bibliothèque ou d’un balcon pour une résidence privée. Il commence également à répondre aux concours, persuadé qu’il s’agit du meilleur moyen de s’assurer des commandes. Il gagne son premier concours en 1983, pour la conception et la construction de la gare de Stadelhofen à Zurich, la ville où il installe son agence.

En 1984, Calatrava a dessiné et construit le Pont Bach de Roda, commandé pour les Jeux olympiques de Barcelone. Ce fut le début des projets de ponts qui établirent sa réputation internationale. Parmi les autres ponts remarquables qui suivirent, il y eut :

Calatrava inaugura l’antenne parisienne de son agence, en 1989, alors qu’il travaillait sur le projet de la gare de Lyon-Saint-Exupéry TGV (1989-94). Depuis mai 2004, l’agence de Paris est fermée après le licenciement de tous les collaborateurs. Il ouvre son troisième bureau, à Valence, en 1991 pour faciliter ses travaux sur un concours, celui de la Cité des Arts et des Sciences à Valence (en cours), un très grand projet de complexe culturel et d’intervention urbaine. Parmi les autres projets publics importants, de la fin des années 1980 au milieu des années 1990, on peut citer :

Les expositions des œuvres de Calatrava commencent en 1985, avec la présentation de neuf de ses sculptures dans une galerie d’art de Zurich. Deux expositions ont marqué une nouvelle étape dans la reconnaissance de son activité artistique : une rétrospective à l’Institut royal des architectes britanniques (Royal Institute of British Architects), à Londres, en 1992, et l’exposition Structure and Expression au Museum of Modern Art de New York, en 1993. La dernière exposition comprenait l’installation dans le Sculpture Garden of Shadow Machine du musée d’une sculpture monumentale avec des « doigts » ondulants en béton. L’exposition la plus complète consacrée à son œuvre fut Santiago Calatrava : artiste, architecte, ingénieur, présentée au palais Strozzi à Florence, en Italie (2000-2001).

Résultat de recherche d'images pour "calatrava liège"

La gare TGV de Liège-Guillemins, véritable cathédrale de verre et d’acier, dessinée par l’architecte castillan Santiago Calatrava, a été inaugurée en septembre 2009. Monumentale, organique, aérienne, transparente, elle transfigure le paysage urbain et s’impose comme symbole du renouveau de la ville. Avec elle, la Belgique est devenue le premier pays à être entièrement couvert par le réseau à grande vitesse. Aachen (Aix-la-Chapelle) est à 22 min de Liège, Maastricht à 29 min, Lille à 1 h 44, Paris à 2h18, Londres à 3h16.

Photos@Jp Legrand – Textes : Wikipédia

LUCERNE

Lucerne se situe d’une part au bord du lac des Quatre-Cantons et d’une autre en Reuss, au pied des Alpes suisses. Elle possède plusieurs ponts couverts, en bois, dont le Kapellbrücke, devenu indissociable de la cité.

28162250_10215623087113420_979079971059091988_o

Vue sur l’Eglise des Jésuites

L’ancienne église des Jésuites (Jesuitenkirche) ou église Saint-François-Xavier est une église catholique baroque, sise dans la vieille ville de Lucerne en Suisse alémanique. Construite de 1666 à 1677, elle est dédiée au grand missionnaire de la Compagnie de Jésus, saint François-Xavier, et faisait partie de l’ancien collège jésuite. C’est un chef d’œuvre de l’art baroque, notamment par ses stucs.

Pour les besoins du collège et du ministère pastoral des jésuites une première église, la chapelle Saint-Denis La Fontaine, est construite de 1588 à 1591 à l’ouest du Rittersche Palast. Mais elle est vite devenue trop petite, et dès 1630 l’idée circule de mettre en chantier une grande œuvre. Cependant la réalisation concrète du projet ne prendra forme qu’à partir du 3 décembre 1666, fête de saint François Xavier. Ce jour-là la première pierre du nouvel édifice est posée.

L’église est mise en chantier en 1666 sur la rive gauche de la Reuss, et les travaux sont rondement menés. En 1669, la structure du bâtiment est achevée et elle est sous toit. Vitraux, fenêtres et façade sont achevés en 1672. L’ameublement et la décoration intérieure n’étaient pas encore terminés lorsque, le 29 août 1677, l’édifice est consacré en grande pompe, et dédié à saint François Xavier.

L’architecte n’est pas connu avec certitude. Plusieurs noms sont cités: Michael Beer de Bregenz au Voralberg, le jésuite Christopher Vogler, professeur au collège voisin, ou un certain Tommaso Comacio, d’origine italienne, auteur de l’église de Baden-Baden, aujourd’hui disparue. Il est probable en fait que plusieurs architectes y mirent la main. C’est à l’époque la plus grande église baroque des Alpes suisses.

Intérieur baroque de l’église des Jésuites

Le frère jésuite Heinrich Mayer est avec certitude l’auteur des chapelles intérieures latérales avec leurs stucatures. Il est indubitablement le maître d’œuvre en ce qui concerne l’intérieur de l’église, y compris le maître autel qui ne fut installé qu’en 1681 et qui représente le modèle le plus ancien de l’école de Wessobrunn.

L’église fait partie du complexe de bâtiments qui formaient le collège des Jésuites en 1755.

Des altérations ultérieures ont lieu. En 1746, la façade est restaurée par l’architecte de la ville, Hans Urban. Trois ans plus tard, en 1749, la décoration en stuc de l’intérieur est refaite. En 1893, les deux tours, restées inachevées, reçoivent leur bulbe.

28161436_10215606079448239_4958149764875545605_o

Le Kapellbrücke

Le Kapellbrücke est le plus ancien et, après celui de Bad Säckingen, le plus long pont couvert en bois d’Europe. Il s’étend sur l’embouchure de la Reuss dans le lac des Quatre-Cantons sur une longueur de 204 mètres. Sa construction remonte à 1333 et relie l’ancienne cité de Lucerne avec la nouvelle partie de la ville. Ce qui en fait le plus ancien pont couvert d’Europe. On pense que le bois utilisé provient de crues importantes qui eurent lieu sur la région du Pilatus et qui avaient emporté les matériaux jusque dans la ville. Le pont figure dans la chronique d’Etterlin en 1507 ce qui permet d’avoir une estimation de sa forme à l’époque. Le pont était au départ encore plus long qu’aujourd’hui et reliait également la Peterskapelleet la Hofkirche. En 1741, la crue de la rivière Krienbach endommagea quatre piliers du pont. Affaibli, l’ouvrage s’était en partie effondré. En 1835, il fut également raccourci. En 1869, le pont faillit être détruit à la suite d’une demande au gouvernement qui visait à limiter les risques d’inondation. Les initiateurs du projet invoquèrent des problèmes d’écoulement des eaux, engendrés par le pont couvert. Le conseil municipal de la ville réussit à repousser cette demande et conserver ce patrimoine culturel. Le pont a été encore raccourci en 1898 lors de la construction d’un quai sur les rives du lac.

Des panneaux triangulaires, peints à l’huile et datant du xviie siècle, sont visibles dans la charpente de la toiture du pont. Ces tableaux, donnés par ses familles bourgeoises, sont répartis sur toute la longueur du pont et retracent les principaux événements de l’histoire suisse, en glorifiant l’importance politique et économique de Lucerne. Le nombre de ces tableaux(initialement environ 150) a varié au cours du temps, et a encore subi une diminution drastique le 18 août 1993 en raison d’un incendie d’origine inconnue, qui a détruit une grande partie du pont et des tableaux. Un certain nombre d’entre eux ont pu être restitués d’après des illustrations anciennes. Quant au pont, reconstruit à l’identique, il a été inauguré le 14 avril 1994.

28161452_10215606185730896_8473290178169019510_o

Lac des Quatre Cantons

La Wasserturm se trouve au milieu du pont. De forme octogonale, elle mesure 34 mètres de haut et aurait été construite aux alentours de 1300. Elle abrita anciennement les archives et les objets précieux de la Ville, mais servit également de prison et de local de torture.

La Reuss est une rivière de Suisse, longue de 158 km, affluent de l’Aar (rive droite). C’est le quatrième cours d’eau suisse pour sa longueur, après le Rhin, l’Aar et le Rhône. La Reuss est formée par la rencontre de deux rivières : la Furkareuss, qui prend naissance au col de la Furka et la Gotthardreuss, prenant sa source au col du Saint-Gothard. Ces cours d’eau se rejoignent à Hospental pour former la Reuss dans l’Urseren. À Andermatt, cette dernière reçoit l’Unteralpreuss et l’Oberalpreuss, puis coule vers le nord pour traverser le lac des Quatre-Cantons, peu après Altdorf. Elle en ressort à Lucerne, continue en direction du nord et se jette dans l’Aar peu avant son confluent avec la Limmat.

Le Monument du Lion de Lucerne.

L’inscription Pour la loyauté et le courage de la Suisse, la fleur de lys, la flèche brisée dans le corps du roi-lion, célèbre le souvenir des Suisses morts au palais des Tuileries ou pour leur fidélité à Louis XVI de France. Ce monument, sculpté par le sculpteur danois Bertel Thorvaldsen en 1819, commémore ce sacrifice.

Lors de la révolution, les Gardes-Françaises prennent le parti du peuple et participent aux évènements révolutionnaires de 1789. Ils sont peu après versés dans la Garde nationale de Paris. La maison militaire du roi de Franceest supprimée en 1791, à l’exception des Gardes suisses.

Le plus célèbre épisode de l’histoire de la Garde suisse était leur défense du palais des Tuileries dans le centre de Paris au cours de la journée du 10 août 1792. Ce jour-là, outre quelques aristocrates et quelques domestiques du palais mal armés et un certain nombre de membres de la Garde nationale, dont le bataillon des Filles-Saint-Thomas et des officiers ayant récemment démissionné, le palais est protégé par 950 Gardes suisses. Seule une compagnie de ces gardes de 300 hommes est restée dans sa caserne pour escorter un convoi de grains en Normandie peu de jours auparavant. Ils défendent un palais des Tuileries vide puisque le roi en est parti avant le déclenchement de la bataille pour se réfugier auprès de l’Assemblée législative. Une centaine de gardes aurait survécu. Certains gardes suisses qui sont tués lors de la prise du palais des Tuileries seront inhumés à la chapelle expiatoire à Paris(aujourd’hui square Louis XVI). Le major Karl Josef von Bachmann, seul officier supérieur commandant la Garde suisse présent aux Tuileries lors du massacre du est le seul officier suisse jugé, condamné à mort, puis guillotiné sur la place du Carrousel le avec son uniforme rouge.

27972899_10215623085953391_8610989346904675282_n

Panorama Bourbaki

La retraite de Bourbaki vers Besançon est coupée par d’autres forces allemandes dirigées par Manteuffel, et cela le contraint à replier son armée vers la frontière suisse. Ses troupes sont dans la situation la plus déplorable et manquent de nourriture. Des 150 000 hommesavec qui il était parti, il n’en reste plus que 84 000.

C’est alors le passage en Suisse aux Verrières (commune proche de Pontarlier-Doubs), mais aussi à Sainte-Croix et Vallorbe, où l’armée de l’Est est désarmée puis internée dans les divers cantons de la Confédération, à la suite de la Convention des Verrières. Cet épisode dramatique est immortalisé par le peintre Édouard Castres (voir ci-contre). Bourbaki lui-même, plutôt que de se soumettre à l’humiliation de la reddition, le , délègue ses fonctions au général Clinchant puis, dans la nuit, se tire une balle dans la tête ; mais la balle, ayant dévié, ricoche contre son crâne et Bourbaki est miraculeusement sauf. Le général Clinchant le transporte en Suisse, où il retrouve assez de force pour retourner en France.

Sammlung_Rosengart,_Luzern_IMG_4908

Museum Sammlung Rosengart

Von WES1947 – Eigenes Werk, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16465837

Pablo Picasso, Joan Miró, Marc Chagall, Henri Matisse, Georges Braque, Fernand Léger

28575774_10215732547609864_8780421898091708085_nPhotos@Jp Legrand – Textes : Wikipédia

EINSIEDLN

 

L’abbaye territoriale d’Einsiedeln est un monastère bénédictin, situé dans la ville suisse d’Einsiedeln dans le canton de Schwytz, dédié à Notre-Dame des Ermites, à cause des circonstances de sa fondation, dont provient également le nom d’Einsiedeln. Le monastère est une station importante du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et la destination de nombreux pèlerins. La « Vierge noire » d’Einsiedeln dans la Gnadenkapelle est un pôle d’attraction pour environ un million de pèlerins et touristes chaque année. Le monastère est depuis 1130 une abbaye double, c’est-à-dire regroupant sous l’autorité d’un même abbé deux communautés vivant sur deux sites distincts : les hommes à Einsiedeln, les femmes à Fahr. Einsiedeln compte actuellement 60 moines, et Fahr 25 moniales. L’abbaye est dite « territoriale », car elle ne fait pas partie d’un diocèse, et a donc le statut dit de Nullius dioecesis et fait partie de la congrégation bénédictine de Suisse. Les archives de l’abbaye d’Einsiedeln remontent au xe siècle et couvrent environ 1 000 mètres linéaires de rayonnages.

Saint Meinrad suivit l’enseignement des abbés Hatto et Erlebald, au monastère de Reichenau, situé sur une île du lac de Constance, puis y devint moine et fut ordonné prêtre. Après quelques années passées à Reichenau, et à un prieuré il embrassa la vie d’ermite et s’établit sur les pente du mont Etzel. Il fut assassiné, en 861, par deux voleurs qui convoitaient les offrandes faites au sanctuaire par les pèlerins. Au cours des huit décennies qui suivirent, le lieu ne fut jamais inoccupé, un ou plusieurs ermites, suivirent l’exemple de Saint Meinrad. L’un d’entre eux, Bennon de Metz fit restaurer la chapelle et défricher les terres environnantes. Eberhard, précédemment prévôt du Chapitre de Strasbourg, érigea un monastère et une église, dont il devint le premier abbé. En 947, Otton Ier confirma la création du monastère et lui accorda la donation de terres habituelle ainsi que le libre choix de son abbé et le privilège de l’immunité. En 965 Grégoire, le troisième abbé d’Einsiedeln, fut fait prince d’empire par Otton Ier, ses successeurs obtinrent la même dignité jusqu’à la fin de l’empire au début du xixe siècle. En 1274, Rodolphe Ier fit de l’abbaye et de ses terres une principauté indépendante, permettant à l’abbé d’y exercer les pouvoirs temporel et spirituel. Au xvie siècle les troubles religieux que causèrent la propagation de la Réforme protestante en Suisse furent une source de problèmes au sein de l’abbaye. Zwingli lui-même fut prédicateur à Einsiedeln de 1516 à 1518 et profita de l’occasion pour protester contre les fameux pèlerinages, mais la tempête se calma et l’abbaye reprit un rythme paisible. L’abbé Augustin Ier (1600-1629) fut l’un des fondateurs du mouvement qui aboutit à la création de la Congrégation bénédictine de Suisse, en 1602, et il fit également beaucoup pour une observance stricte au sein de l’abbaye et pour la promotion d’un haut niveau de savoir et d’apprentissage parmi ses moines.

La Vierge noire est en bois de poirier, mesure 119 cm. Elle est d’origine inconnue mais devrait avoir été apportée vers 1466. À l’origine, le visage et les mains étaient peints mais la suie des cierges qu’on faisait brûler finit par les noircir. À 1803, un restaurateur a tenté de lui rendre sa couleur claire d’origine, mais cet aspect ne fut pas du goût des pèlerins. On décida alors de peindre les parties principales de la statue en noir.

Malgré cinq incendies successifs du couvent et de l’Église, qui détruisirent des richesses incalculables en ornements précieux, livres, manuscrits, etc., la statue et sa chapelle restèrent intactes. En 1798, le couvent fut pillé par les troupes d’occupation françaises. La chapelle de Notre-Dame d’Einsiedeln fut détruite et la Vierge noire put être mise en sécurité à l’étranger. Après trois ans d’exil, l’abbé et les moines purent réintégrer l’abbaye qui connut alors un nouvel essor. La Vierge était autrefois adossée au jubé qui a été détruit au xviiie siècle par les chanoines en même temps que quelques vitraux pour donner de la clarté dans la cathédrale.

 

Photos@Jp Legrand – Textes : Wikipédia

ZURICH

Zurich est la ville la plus peuplée de Suisse avec une population de près de 402 800 habitants en décembre 2016. L’agglomération, quant à elle, compte environ 1,3 million d’habitants, ce qui fait de Zurich une « petite » métropole en comparaison d’autres cités ayant une importance similaire.

Située au bord du lac de Zurich (Zurichsee), le quatrième plus grand lac de Suisse en termes de superficie, Zurich est un lieu de villégiature apprécié par la bourgeoisie suisse, allemande et autrichienne, notamment en raison de la beauté de sa vue et de son centre historique, ainsi que de la douceur exceptionnelle de son climat. La rivière la traversant, la Limmat, a été classée rivière urbaine la plus propre d’Europe selon le Département de l’Agriculture des États-Unis en 2015. Les Zurichois ont l’habitude de s’y baigner, en plein cœur de la ville, en été.

 

Au Moyen Âge, la ville était décrite comme comportant plusieurs centres, dont les principaux étaient : La Fraumünster avec l’église Saint-Pierre, et la Grossmünster de l’autre côté de la Limmat.

Zwingli lança la Réforme en Suisse alors qu’il était le principal prédicateur de la ville à la Grossmünster. Il commençait sa prédication systématiquement par Matthieu à la différence de presque tous les autres prêtres qui prêchaient à travers le cycle liturgique des textes émis par l’Église de Rome. Il vécut et prêcha à Zurich de 1484 jusqu’à sa mort en 1531, date de la défaite de Zurich dans la deuxième guerre de Kappel.

Il traduisit la Bible dans la langue allemande, de manière indépendante de Martin Luther, pour que sa lecture soit accessible au peuple, cette traduction continue d’être étudiée encore de nos jours.

Zurich est un haut lieu de la culture suisse. La ville joue un rôle prédominant en tant que ville avant-gardiste au niveau artistique, une partie de sa célébrité et de son essor culturel venant des nombreux peintres, compositeurs et écrivains suisses ou étrangers qui y ont séjourné et laissé leur empreinte : Felix Salten, Hermann Hesse, James Joyce, Thomas Mann, Thornton Wilder entre autres. Max Frisch, Johann Heinrich Füssli, Gottfried Keller entre autres y sont nés.

Le mouvement Dada, né au cabaret Voltaire en 1916, en est originaire de même qu’un mouvement d’Art concret s’est développé à l’école des arts décoratif Kunstgewerbeschuhle de Zurich nommée maintenant Zürcher Hochschule der Künste. L’école zurichoise du concret eut un rayonnement mondial avec par exemple Max Bill et Richard Paul Lohse. La fondation et musée Haus Konstruktiv poursuit de nombreuses activités dans ce domaine.

 

L’église de Fraumünster se trouve au cœur de la ville de Zurich. Elle est célèbre pour ses vitraux signés Marc Chagall et Augusto Giacometti. Elle fait partie d’une ancienne abbaye dont le cloître et le bâtiment abbatial furent détruits à la fin du xixe siècle.

L’abbaye fut fondée en 853 par Louis le Germanique pour sa fille Hildegarde. Il plaça l’établissement sous sa protection. En 1045, le roi Henri III du Saint-Empire autorisa Fraumünster à gérer les marchés, les péages et frapper de la monnaie, offrant ainsi à l’abbesse un contrôle économique totale sur la ville de Zurich.

L’empereur Frédéric II du Saint-Empire attribua le titre de duchesse à l’abbesse en 1234. Elle gérait toujours la monnaie et désignait le maire. La frappe était déléguée à des citoyens de la ville. Malgré ces privilèges, la puissance politique de l’abbaye diminua progressivement durant le xive siècle à la suite de l’instauration du Zunftordnung par Rudolf Brun, autoproclamé maire de la ville.

Le , l’abbaye fut dissoute dans le cadre de la réforme entamée par Ulrich Zwingli.

27973926_10215607836732170_3229813594210335672_n

Le Cabaret Voltaire est un lieu de culture situé au numéro un de la petite Spiegelgasse

Le Cabaret Voltaire est un lieu de culture situé au numéro un de la petite Spiegelgasse, à Zurich, la rue où demeura Lénine. Actif pendant six mois, de février à juillet 1916, il finit par fermer ses portes pour tapage nocturne et tapage moral, non sans avoir dans l’intervalle fait émerger le mouvement Dada.

L’idée du nom est née d’une plaisanterie fondée sur le décalage apparent entre les mots « cabaret » (la nuit et ses supposés vices) et « Voltaire » (le philosophe).

28061578_10215606186570917_5211655682605008013_o

Photos@Jp Legrand – Textes : Wikipédia

Les Gloires de Schaerbeek.

Je consacre cet article à quelques personnes croisées près de chez moi …

Schaerbeek est une charmante commune bruxelloise. René Magritte, Jacques Brel et Maurane y ont vécu. C’est une municipalité bien vivante qui a son carnaval.

Le 28 mars 1998, un échevin a ressuscité la tradition carnavalesque sous la forme d’un cortège baptisé le « Scharnaval », composé d’une trentaine de chars et de plus de 1000 participants. En tête, se trouve une caravane publicitaire de 60 véhicules, ainsi que le Bourgmestre et les échevins de la commune.

29388597_10215892276762993_2283444638800936960_n

Depuis lors, chaque année, en souvenir du retour du carnaval à Schaerbeek, un jeune frêne est planté au square François Riga et on procède à l’élection d’un « Prince » ou d’une « Princesse Carnaval ». Les jours précédant le carnaval, une exposition retraçant l’histoire du Scharnaval est organisée à l’hôtel communal.

Le jour J, plus d’une trentaine de groupes folkloriques sont au rendez-vous : les ânes, le petit Pogge, les géants de Schaerbeek, la fanfare du Meybooom,… Mais aussi beaucoup d’autres venus des 4 coins de Belgique

 

29389451_10215892276962998_7549738528461029376_n

1er Bataillon d’Austerlitz de Vitrival

Quartier Terdelt

29425625_10215892276002974_8082771358901075968_n

Monsieur Moustache 2017

Jean-Pierre De Norre porte la moustache depuis des années. «Depuis ma naissance, sourit-il. Non, plus sérieusement, je la porte depuis mon service militaire. Cela fait donc 54 ans maintenant.» Pour l’entretenir, le Bruxellois avoue pourtant ne pas y prêter beaucoup d’attention. «Dans ma douche le matin, je me contente de la peigner et c’est déjà terminé, détaille Monsieur Moustache 2017. Je ne mets rien d’autre, pas de laque par exemple.» (Mathieu GOLINVAUX – L’Avenir)

29261857_10215861109383828_3430050608747380736_n

Côté Gourmand, avenue des azalées

 

29405079_10215932864537662_79988579_o

Laiterie du Parc Josaphat

 

 

29542672_10215940754534907_6007653994854344014_n

Parc Josaphat

5af1635fcd70c60ea6ddfc3e

Maurane à la Rue Jacques Rayé, photo DH

Maurane nous a quittés en mai 2018. La chanteuse avait une solide formation classique et s’illustra en jazz, avec nos meilleurs artistes. Elle est décédée après un hommage à Jacques Brel lors de la fête régionale de l’Iris.

Elle a vécu rue Jacques Rayé, dans le centre de Schaerbeek, non loin du Quartier Terdelt.

Et Schaerbeek célèbre des héros, comme le résistant d’origine macédonienne, exilé chez nous en 1927 et assassiné par les nazis en novembre 1943. Son buste est proche de celui de Raymond Foucart, né à Bruxelles le 21 juin 1872 et décédé à Schaerbeek le 1er avril 1941, bourgmestre de Schaerbeek de 1921 à 1927. Il fut l(architecte de belles maisons de l’avenue Huart Hamoir (83, 83a, 85, 87, 87a, 97).

Photos : jplegrand

 

François-Xavier Delmeire et ses contemporains.

 

1. François-Xavier Delmeire, collagiste.

” Le 5 Thermidor de l’An II, réfugié dans le grenier du manoir de Dampremont tandis que l’on menait en charrette son père et son grand-père que les sans-culottes étaient venus prendre, le jeune duc de Vallombreuse découpa par désœuvrement dans l’ “Historiae Animalium” de Conrad Gessner parue à Zürich en 1551 quelques planches d’animaux qu’il recomposa dans un ordre contraire à celles de la nature.

Le 26 février 1847, alors qu’Alexandre Dumas entamait un nouveau chapitre du “Vicomte de Bragelonne”, le jeune Armand Poussard, lassé des lettres anonymes à l’endroit de sa concierge qui avait rudoyé son chat, entreprit de séparer d’une affiche notariale quelques lettres en grasses composant ainsi le premier poème sonore.

Le 15 mai 1871, sous la Commune de Paris, à l’ombre du tilleul de son jardin de Belleville, Marcel Chauvier, charpentier de son état, découpa dans “Le Charivari”  les visages de Thiers et des généraux Trochu et Vinoy pour composer un masque monstrueux à la hauteur du dégoût que lui inspiraient Foutriquet et les militaires fanfarons. Pour en fixer les fragments épars, le premier usa de guano, le second de sa propre semence, ayant connu très tôt le vice par une cousine guère plus âgée que lui mais élevée chez les Sœurs, et le troisième de bran de poule.

Xavier Canonne (auquel plut le travail de François-Xavier Delmeire)

26025879_2041245306107860_3357686083368574739_o

Xavier Canonne (auquel plut le travail de François-Xavier Delmeire)…

Ces trois ancêtres du collage (Vallombreuse, Poussard, Chauvier) sont demeurés à ce jour inconnus, même de Louis Aragon dans son admirable “La peinture au défi”, les historiens n’ayant pu retrouver trace de ces premiers collages, préférant voir en Max Ernst, en Pablo Picasso et Georges Braque les précurseurs d’une discipline dont on peut encore espérer beaucoup (Xavier Canonne, spécialiste de Mariën)

26230415_2047983785434012_5021007847077844452_n

Xavier Canonne encore : “Cette prestigieuse lignée se prolonge à présent avec François-Xavier Delmeire dont la discrétion ne devrait le plonger à son tour dans l’oubli tant il apporte au collage et à l’assemblage un souffle inattendu. Le temps n’existe pas dans le collage, celui de sa conception comme celui de ses ingrédients. Aux gravures anciennes répondent les publicités récentes, les illustrés de l’avant-guerre aux cartes postales coloriées exhumées des boîtes de chaussures, des brocantes du petit matin. Guère plus d’ailleurs que de hiérarchie : sous les ciseaux, le mannequin vaut bien la Joconde, la plume le stylo à encre, tout faisant farine à son moulin dans la revanche d’un passé au présent conjugué. Mais ces images sont là, qui me dispensent d’un texte laudateur tant il importe de s’y laisser entraîner pour se convaincre que la veine du collage, cet Eldorado, connaît avec François-Xavier Delmeire un nouvel orpailleur.”

27458996_2054753694757021_909554226155571463_n

“Un instant de solitude”

FXD_PassageaVide_WEB-850x628François-Xavier Delmeire est un amateur d’images. Né en 1971 à Mouscron, il y tiendra pendant plus de 20 ans une librairie spécialisée BD. Déjà, dans cette autre vie, l’homme était artiste et s’adonnait aux joies du collage-assemblage

 

 

En février et mars 2017, François-Xavier Delmeire a exposé au 7 & 22 rue Bonaparte, à Paris  : Laurence Esnol Gallery, espace ouvert début 2017 au coeur de Saint-Germain-des-Prés.

2. L’inspiration de François-Xavier Delmeire

Libraire, François-Xavier Delmeire croisa les peintres du Quattrocento et leurs émules britanniques du dix-neuvième siècle…

27336674_1593360397412503_4631007092783878468_n

Andrea di Michele di Cione dit Le Verrocchio (Florence, 1435Venise, 1488) est un sculpteur, peintre et orfèvre italien de la seconde moitié du Quattrocento.

Il reçut un nombre important de commandes de Laurent de Médicis, dit le Magnifique, tenant auprès de lui le rôle que Donatello avait joué auprès de Cosme l’Ancien. Son atelier était alors (avec celui des frères Pollaiolo) le plus important de Florence. Il eut pour élèves Francesco Botticini, Le Pérugin, Léonard de Vinci, et Lorenzo di Credi.

18121200_1318271674876530_4829399786961279903_o

” Nostalgie de l’instant ”

25311270_2034609296771461_7141246417907718324_o

Atelier de l’artiste, à Mouscron

L’artiste connaît fort bien les oeuvres des Surréalistes, en particulier Magritte et son meilleur disciple, Mariën qui “détourna” Wiertz. Son travail poursuit leurs recherches …

Et que dire de sa ville, aux confins de la Wallonie, de la Flandre et de la France, Mouscron …

Mouscron … où l’artiste naquit et vit, après y avoir été libraire.

René Magritte et Marcel Mariën

50 ans après sa disparition, René Magritte nous pousse à remettre en question nos certitudes. Son œuvre a marqué le monde artistique depuis le pop art et l’art conceptuel jusqu’aux expressions artistiques les plus contemporaines. L’exposition fait dialoguer les œuvres originales de Magritte et les inspirations d’artistes contemporains. Marcel Broodthaers incarne aussi cette filiation artistique, dont la réflexion porte à la fois sur le statut de l’objet et sur celui du langage. 

“Né en 1920, 23 ans après Magritte, Marcel Mariën, placé comme apprenti chez un photographe, s’essaie à la photographie. En 1937, il rencontre Magritte, Colinet, Scutenaire, Nougé et participe en septembre à l’exposition surréaliste de Londres. Il y expose son premier objet, L’introuvable (titre donné par Magritte), ses lunettes, qu’il vient de casser, réduites à un seul verre et deux branches… Il fonde en 1941 les éditions L’Aiguille aimantée (nom donné par Nougé).

Il publie plusieurs ouvrages sous l’enseigne Le Miroir infidèle. En 1943, il publie la première biographie de Magritte. Mariën collabore à la revue Le Ciel bleu avec Colinet et Dotremont, commence de faire éditer en 1945 avec Magritte une série de prospectus et tracts mystificateurs et subversifs (L’imbécileL’emmerdeur et L’enculeur, ces deux derniers saisis par la poste).

Mariën s’installe en 1947 comme bouquiniste à Bruxelles (Au Miroir d’Elizabeth), survivant grâce à des travaux de dactylographie…” (Wikipédia)

” La scène de nos coeurs ” – ” Point de fuite ” , collages papiers

La littérature inspire aussi François-Xavier Delmeire : Victor Hugo, Jules Verne et surtout Lewis Caroll

” L’autre rive ”
Collage papier
Delmeire François-xavier

3. Contemporain de François-Xavier Delmeire : Claude François 

Vendredi 26 janvier 2018 à Hôte Gallery, rencontre avec un auteur de films d’art : Claude François. Dans l’imaginaire de Claude, un musée s’est construit, un écrin qui reçoit 12 toiles. Il invita douze poètes à les regarder de leur oeil de poète et écrire 12 textes, lus par des comédiens. “Quelque part le long d’un canal en Wallonie, il y aurait un pavillon qui abriterait 12 tableaux… Un musée à la portée de tous. Le réalisateur Claude François nous immerge avec un rythme poétique dans les univers de 12 œuvres picturales, librement commentées par 12 auteurs belges francophones. L’œil de la caméra nous guide à travers la toile, dévoilant les multiples récits qui se déploient dans les tableaux de Gilberte Dumont, de Paul Bril, de Jos Albert, de Léon Frédéric, de Roger Goossens, de Théo van Rysselberghe, de Félicien Rops, de Louis Van Spiegele, de Cécile Douard (1), d’André Stas, d’Henri Bles et d’un peintre anonyme. Ce film est un florilège très personnel qui rassemble des œuvres de toutes les époques et de tous les styles, provenant de collections privées et de musées de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une histoire de l’art en Belgique novatrice et accessible.”

Claude François connaissait bien Pierre Puttemans (1), avant de rencontrer Xavier Canonne,  spécialiste de Mariën.

 

4. Contemporain de François-Xavier Delmeire : Marc Temlett

 

27021475_1788993341407023_5806145473086672840_o

Marc Temlett à Hôte Gallery 

26219302_313898682436845_9062814332109407596_n

Marc Temlett : “Double vie”

Né à Helsinki, Mark Temlett est un artiste autodidacte anglo-finlandais qui a grandi en France. Passionné de dessin et de peinture depuis toujours, il passe beaucoup de temps dans son enfance et son adolescence à caricaturer ses professeurs et illustrer des historiettes pour distraire son entourage.

26907866_1789547311351626_4457379018300365531_n

Mark Temlett

Bien que caressant le rêve secret d’une carrière artistique, Mark poursuit des études supérieures en Economie et Finances aux États- Unis puis travaille dans plusieurs compagnies londoniennes et cabinets de conseil en finance.

26804358_10156002727447497_3041531069296174945_n

François Xavier Delmeire et Mark Temlett

C’est dans les années 2010 qu’il opère un changement de vie radical pour ” la vie de Bohême” afin de se consacrer totalement à sa passion du dessin. Ses œuvres flirtant souvent avec les styles figuratif et “néo impressionniste”, s’affirment totalement pour certaines, dans un style surréaliste, saupoudrées d’une touche “Comic Strip” et de pirouettes, où son imaginaire à l’allure fantasque emprunte des portes dérobées pour se promener librement sur les sentiers de l’Inconscient.

 

26231123_10216589302863982_8932411301181556677_n

Mark Temlett, Jean Pierre Bers Grandsinge, François Xavier Delmeire

 

5. Contemporain de François-Xavier Delmeire : Olivier Lomer-Wilbers

26734242_10156002727037497_7210858144010828543_n

Olivier Lomer-Wilbers

Olivier Lomer-Wilbers est un artiste plasticien, musicien et graphiste né en 1981 et travaillant à Bruxelles. « Destructuré, onirique et fantomatique », Olivier Lomer-Wilbers crée des images avec une certaine distance de l’ordinaire. Repoussant les frontières corporelles et déclinant la perception, ses images puisent leur formes dans un étrange vide entre la rêverie et le réalisme pour guider le regard vers un monde de perplexité où tout est possible. Teinté d’une spiritualité singulière, son travail illustre principalement les zones d’existence entre les vies dans lesquelles chaque organisme vivant se dissout dans l’univers de ses propres actes.

AAEAAQAAAAAAAAfXAAAAJDU1ZTZjZDc1LTNiMDItNGU4ZC1hNzAwLTlmODFmOTY4NTc1Mw

Olivier Lomer-Wilbers

 

 

 

 

François-Xavier Delmeire et Hôte Gallery

Hôte Gallery célébra Dada en 2017. En 2018, le “surréalisme”. C’est d’un épouvantable désordre Dada ou le début du XXème siècle — comme le début du XXIème, du reste : Futurisme, Dadaïsme, Ultraïsme, Imagisme, Vorticisme… Tous à la même tablée. Et Bruxelles est un collage à cette image…

26814879_10215360072258213_7147941596170375083_nL’histoire est mouvante comme un organisme. Ainsi le mot Futurisme n’a pas été inventé par Marinetti, mais bien avant par Gabriel Alomar, poète Barcelonais avec toute une bande de poètes catalans dont J.V. Foix, Joan Salvat-Parasseit, Carles Ceindru et d’autres qui ont publié leur manifeste dans Le Mercure de France en 1908, soit un an avant le manifeste de Marinetti dans Le Figaro. L’important c’est que tous ces mouvements ou ismes surgissent, à peu près en même temps dans différents pays. C’est la première fois qu’il y a une internationalisation si rapide de la culture. Ainsi, même en Amérique Latine, l’Uruguayen Rafael Barradas et le Chilien Vicente Huidobro, créent le Vibrationnisme. »

(1) “Les parents de Cécile Douard, Amédée Leseine et Eugénie Herlemont, comédiens parisiens, s’installent en 1870 à Bruges où le père dirige le théâtre de la ville. Quand, fuyant ses créanciers, le père disparaît, Édouard Serf, dit Douard, prend le relais du père. La famille vivra par intermittence à Mons, avant de s’y installer définitivement. Cécile Douard fréquente les écoles d’avant-garde, celle d’Isabelle Gatti de Gamond à Bruxelles, celle de Marie Popelinà Mons. Elle commence sa formation d’artiste à Mons avec Auguste Danse qui lui donne des leçons de dessin. À Bruxelles, sa formation sera guidée par Jean-François Portaels, qui la recommande auprès du peintre Antoine Bourlard, directeur de l’Académie des Beaux-Arts de Mons. Les académies étant, jusqu’en 1911, fermées aux femmes, c’est en élève privée qu’Antoine Bourlard acceptera de diriger sa formation de 1883 à 1886. En 1888 l’héritage légué par son père permet à Cécile Douard de construire son propre atelier, à côté de celui de Bourlard.

Cécile Douard connaît bien le Borinage et représente dans ses œuvres la dure vie des mineurs, de leurs femmes et de leurs enfants. À partir de 1883, trois ans après le départ de Vincent van Gogh, elle dessine et peint à Cuesmes, Flénu, Jemappes et ailleurs. Elle réalise des croquis spontanés dans les mines de charbon et les retravaille dans ses tableaux à l’huile, dans ses fusains, des dessins à la plume et des gravures. Sa manière de peindre, au réalisme rigoureux, témoigne de la condition ouvrière au Borinage à la fin du xixe siècleet particulièrement du sort des femmes. Pour vivre, elle donne des cours de dessin aux jeunes filles de bonnes familles et réalise des portraits de personnalités montoises et de leurs proches.

À la suite d’une chute lors d’une inondation de la Trouille qui noie son atelier en 1892, elle perd un œil. À partir de 1898 elle perd progressivement la vue. En 1898, elle réalise son dernier tableau, Terril . Devenue totalement aveugle en 1899, année de la mort d’Antoine Bourlard, elle s’initie à l’écriture braille. Elle se consacre à l’étude du violon ; elle obtiendra un Premier prix au Conservatoire royal de Mons. Elle s’adonne aussi au modelage et à la sculpture. Elle donne des leçons de littérature française, d’anglais et d’histoire de l’art. Elle quitte Mons pour Bruxelles en 1904 et s’exprime bientôt par l’écriture, rédigeant notamment des œuvres autobiographiques. Cécile Douard s’investit activement dans la Ligue Braille dès sa création en 1922, et la préside de 1926 à 1937, contribuant grandement à asseoir la réputation de cette institution en Belgique et à l’étranger.” (Wikipédia)

(2) Wikipédia : “Pierre Puttemans naît le 20 février 1933 à Uccle. Son père, Robert Puttemans (1902-1978), est architecte et diplômé de L’académie Royale des Beaux-Arts, sa mère, Hélène Tartakowski (1911-1990) est historienne d’art, elle a fait des études aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire.

Après des études secondaires à l’Athénée Royal d’Uccle 1, le jeune Pierre Puttemans commence à étudier l’architecture à La Cambre, où, comme son père, il enseigne dès la fin de ses études. Outre l’architecture, il étudie aussi l’urbanisme. La séparation des enseignements de l’art et de l’architecture en 1976 le pousse à enseigner l’histoire de l’architecture à l’École nationale supérieure des arts visuels (ENSAV).

Architecte actif, il se spécialise dans les bâtiments publics. Les bibliothèques de Nivelles et de Riches-Claires, le Centre de Traumatologie et de réadaptation de l’hôpital Brugmann et le nouveau Théâtre de Poche, salle de spectacle bruxelloise, figurent parmi ses réalisations. Il enseigne aussi au sein de l’Institut Supérieur d’Urbanisme et de Rénovation Urbaine (ISURU) où il dirigera l’atelier d’urbanisme, et devient membre de la Commission royale des monuments et des sites (CRMS) de la Région de Bruxelles capitale de 1989 à 2008.

Parallèlement, il développe une carrière de poète et publie régulièrement des recueils de poésie surréaliste. Il crée avec six autres poètes les Sept Types en Or et la revue Phantomas qui fut, avec la revue Temps mêlés d’André Blavier et le Daily-Bul, l’une des émanations de la Belgique sauvage post-surréaliste. Les recueils Basse-cour, Facéties et Le Monomotapa comptent parmi ses derniers ouvrages de poésie.

Pendant plusieurs années dans les années soixante et septante, il collabore régulièrement aux pages cultures des Cahiers Marxistes, il écrit une rubrique dans Clés pour les Arts, et dans de nombreuses autres revues de critiques d’art, de poésie, d’animations de la vie culturelle bruxelloise.

En 1990, Pierre Puttemans publie au Préambule son seul roman: La Constellation du Chien qui, inspiré par l’observation de son propre chien, démontre qu’en fait le chien est une matérialisation de Dieu. Le livre est réédité en 2015 dans la collection Espace Nord avec une préface de Laurent Dumoulin, un choix de textes poétiques et une biographie écrite par sa fille Marianne. “Attention ! Ton maî-maître s’en va sans toi ! Je me retourne: mon chien – si on peut appeler ça un chien – regarde la boulangère, de la façon que je connais bien: coupable, implorant, innocent, le tout à la fois. J’attends. Je médite. Me voilà maîmaître. Qui suis-je ? Grave question. On m’a reconnu, jusqu’à présent, quelques qualités (au sens où l’entend Musil). On m’a pourvu de titres. On m’a appelé monsieur, confrère, jeune homme (il y a longtemps) et même sergent. Maî-maître, jamais. C’est une promotion” Avec ce roman, Pierre Puttemans démontre que le philosophe et l’humoriste sont souvent une seule et même personne.

Outre la poésie, Pierre Puttemans est l’auteur d’une Histoire de l’architecture moderne en Belgique, et de monographies sur l’architecte de l’art nouveau Henry Van de Velde, livre qu’il co-écrit avec Léon Ploegaerts, architecte, urbaniste et géographe attaché à l’Université de Montréal. Il écrit également une belle monographie sur l’architecte Philippe Samyn, de même qu’un guide de l’architecture à Bruxelles avec Jacques Aron et Patrick Burniat, et de très nombreux articles sur l’architecture, les livres d’architecture, la critique d’art et d’architecture dans diverses revues comme A+, les Cahiers Marxistes, le Drapeau Rouge, la Biographie Nationale, etc.

Il épouse en 1963 l’écrivain et psychanalyste Jacqueline Harpman dont il aura deux filles: Marianne née en 1963 et devenue professeur d’histoire de l’architecture à la faculté d’architecture de l’ULB et Toinon née en 1965 et professeur de mathématique et de physique à l’Académie Royale des Beaux-Arts (ARBA).

Pour Jacqueline Harpman, il réinvente un plan pour la maison Delune située au coin de l’avenue Roosevelt et de l’avenue de l’Orée à Bruxelles, dans laquelle il imagine pour le roman Le Bonheur dans le Crime, des passages et des étages secrets. Cette collaboration aboutira au sauvetage de la maison en question dont l’extérieur sera classé en 1994.

PP Bernard-Puttemans.jpg

Pierre Puttemans meurt à Bruxelles le (à 80 ans). Ses filles ont, selon son souhait, déposé l’ensemble de ses archives poétiques aux Archives du Daily Bul à La Louvière et ses archives d’architecture à l’Université Libre de Bruxelles.”

Covasna et Vaarlam

12670408_10208699318343528_5289745690992135807_n

Lac Sainte Anne

Ce lac volcanique, proche de Brasov en Transylvanie, est un lieu peuplé de légendes, aujourd’hui une magnifique réserve naturelle.

12654451_10208699331383854_5512853579095581585_n

Nid de cigogne, près de Brasov.

 

 

 

 

Une insomnie m’avait poussé à évoquer la “crise politique belge”, comme avec ma famille roumaine (qui a permis ce voyage) et des mandataires municipaux de Brasov et région. J’ai consacré quelques articles à la musique roumaine et aux “Danses” de Bartok, venant plutôt de Timişoara.

12715638_10208699311663361_7841191376376889012_n

Groupe de Galati

 

 

 

 

 

 

Covasna est une ville thermale en Pays Sicule, en Transylvanie. On y trouve encore des mufete, des bâtiments où les émanations de gaz carbonique permettent de traiter des maladies cardio-vasculaires. Lors de notre passage, un festival de foklore nous a donné l’occasion d’admirer ce groupe de Galati, un port sur le Danube, situé bien plus à l’est.

12654481_10208699323343653_691651898351344066_n

Fête du sevrage des agneaux en mai 2011

 

Retour à Vaarlam en Valachie et à la fête du sevrage des agneaux en mai. Ce n’était pas une activité touristique, mais nous avons été fort bien accueillis, nous avons dégusté et acheté du fromage et de l’alcool de prune, avant de traverser les montagnes en direction de la Transylvanie. En revoyant les villageois qui, au rythme des saisons, se retrouvent, je pense à Oedipe, d’Enescu, et au théâtre grec qui, tout au long de l’année aussi, rassemblant les foules, leur présentait le spectacle des passions humaines, afin de calmer et d’harmoniser leurs propres sentiments. Avec internet, nous en sommes si loin. Parfois, un mot, une interjection déchaînent des tempêtes.

12670579_10208699334503932_2071456909021405118_n

Jeunes filles à Vaarlam.

Je redécouvre les photos de notre séjour en Roumanie en mai 2011. Nous avions traversé les Carpates de la Valachie à la Transylvanie et photographié ces jeunes filles à Vaarlam. La photo évoque pour moi une Danse roumaine de Bartok. Le compositeur hongrois était né dans le Banat, près de Timişoara, dans une localité dont les noms hongrois et roumain se traduiraient par “Saint Nicolas le Grand”. Le Banat est situé au sud-ouest de la Transylvanie, aux frontières de la Roumanie, de la Serbie et de la Hongrie. Bartok a parcouru la Transylvanie pour recueillir ces danses et en a travaillé quelques unes en orfèvre. Ce sont les très belles Danses roumaines.

12650820_10208699326503732_1838957753298993793_n

Photo d’une baignoire pour enfant, Roumanie,  2011.

La politique agricole commune a chassé les surplus. La banque alimentaire a disparu. L’Europe aidera difficilement les affamés…

Je pense aussi à une autre histoire, celle de la Flandre rurale et pauvre, devenue industrielle et riche, après guerre, car proche de la mer et moderne. Face à elle, de vieux bassins qui ne tirent pas parti des fonds européens de reconversion. Le déséquilibre n’est pas une fatalité, mais il explique aussi le blocage politique belge

Photos prises en mai 2011. Jp Legrand

 

Jean Pierre Bers Gransinge à Hôte Gallery

sophie1

Dégustation lors de l’exposition à Hôte Gallery

Bers Grandsinge a exposé des oeuvres, avec John Bulteel, du 22 septembre au 29 octobre 2017 à Hôte Gallery, 203, rue Haute à 1000 Bruxelles. A cette occasion, des dégustations ont été offertes.

Il est né à Ipamu en 1955 au Bandundu (Congo). Il a commencé à dessiner dès l’école primaire à Mangai. Il a étudié les Beaux Arts à Kinshasa.  En 1978, il crée un procédé original en peinture aux Beaux arts de Kinshasa, la “technique de Bers” (ou en Belgique selon les fournisseurs “Polyuréthanne”). En 1985, il rencontre avec Jean Michel Basquiat à New York. Il expose à Harlem Street Gallery International, LTD à New York (USA), puis “La Panique” à la Galerie Hutse à Bruxelles. Citons aussi l’exposition ” Nul n’est prophète en son pays” à la Galerie Goldenberg à Paris (2015)

25508199_1531284360259120_3447147237712227473_n

Andy Warhol et Alice Cooper

En 1985, dans son atelier de la 125 ème rue à Harlem, le peintre new-yorkais Franco présente Bers à Jean Michel Basquiat, artiste d’origine haïtienne, proche de Warhol, Keith Haring, Kool Koor (1), Pollock, Franco The Great, sera déterminante.

jean-michel-basquiat-and-jean-pierre

Jean Pierre Bers dit Bers Grandsinge et Jean Michel Basquiat, New York, 1985

Basquiat l’affuble amicalement du surnom de “plus grand singe d’Afrique” pour souligner son intelligence des choses, il jouera avant tout un rôle important dans l’orientation du travail de Bers. Ils parleront d’art, de l’histoire de l’homme noir et de l’Afrique.

Unknown

Jean Michel Basquiat

 

 

 

 

 

Sous l’influence de Basquiat, “Bers Grandsinge est en 1985 le premier artiste qui s’installe en Belgique pour défendre l’art contemporain congolais. Il explore différents domaines tels que la peinture, le design textile, la photographie, l’art numérique, la musique. Son travail artistique trouve immédiatement écho par son talent et par une technique toute originale. Son œuvre traduit une vision toute singulière de l’humanité où l’Homme est en mouvance perpétuelle, vit une mutation constante dans un univers en changement“. A Bruxelles, Bers a exposé pour la première fois chez Louis Hutse. Le journal « Le Soir » lui a consacré un article, intitulé :  Avis de recherche et découverte d’un scrutateur d’âme africain, Jean Pierre Bers Mbalaka. A l’époque, l’artiste était frappé d’un ordre de quitter le territoire belge. Bers est un peintre de la débrouille, comme il se décrit lui-même. « La philosophie de la débrouille est basée sur l’utilisation des moyens du bord – matériaux de récupération notamment – afin d’obtenir un résultat positif. C’est l’art d’extérioriser nos qualités potentielles en cultivant l’esprit de la créativité et en défiant les repères établis ». L’artiste se place délibérement dans le Temps et l’Espace, empreint d’une vision cosmique. Cette vision se reflète par la fluidité dynamique de son style. Les thèmes de Bers tournent autour de la personne humaine, de son mystère et de sa destinée. Bers travaille aussi sur des thèmes tels que l’environnement, l’actualité et l’avenir de l’humanité.

carrein

Dégustation lors de l’exposition à Hôte Gallery

Après son exposition parisienne dans la prestigieuse Galerie Goldenberg, Bers Grandsinge retourna à Bruxelles à Hôte Gallery en 2017. L’artiste montra une sélection d’une vingtaine de tableaux, tous issus de sa production de l’année 2015, et où il traduit son parcours artistique au travers de son langage : la technique de Bers (“Polyuréthanne”).

22366758_10214500227202624_1582942012842197987_n

aux Beaux arts de Kinshasa, la “technique de Bers


22490229_10214498844848066_1098195545619502649_n
elle

Soaz, à Ravenstein

 

22496356_10214498840047946_8099795105552331947_o

Appellation Revendiquée” – Hôte Gallery

 

 

 

 

 

 

 

Pour moi, cette rencontre clôture une année de découverte comprenant aussi les oeuvres de Soaz et de ses contemporains sur le chantier proche de Bozar (Ravenstein).

 

18195091_1403228276400055_1757588195419209200_n

Soaz, comme à Ravenstein

Expositions

1979 : “Horizon 80”, Berlin.

1985 et 1991: Harlem Street Gallery International, LTD à New York, Etats-Unis. 1990 : Exposition à Soho, New York, Etats-Unis. Galerie “Claudia’s Art Gallery” à Bruxelles.

1989 : Galerie Jaspee à Bouillon.

1991 : Exposition à Spa.

1993 – 1994 : Expositions au musée de Tervuren et à l’Hôtel communal d’Etterbeek.

1987, 1990, 1993,1995 : Galerie Hutse à Bruxelles

1996 : Galerie Artisanal Décor à Bruxelles.

1997 : Agora Gallery à New York, “11.11.11” à Coxyde, “Janus” à l’hôtel communal de Laeken, Exposition itinérante “Blanc sur toile”, “Pour la reconstruction du Congo”, Bruxelles. 1997 et 1998 : ” Laeke-n bouge” à l’hôtel communal de Laeken, Bruxelles

1999 : Galerie Terre à Risque à Bruxelles. Galerie Donker à Anvers.
2000 : “Afrika Sana. La Peinture congolaise d’hier et d’aujourd’hui”, Monaco.
2001 : “Ecritures” à Paris – “Startistes” à Bruxelles – “La messagerie de l’art contemporain” à l’ISELP, Bruxelles.
2002 : “Treeshome”, David Bade, Bers Grandsinge, Galerie Wachters à Bruxelles.
2003 : “Africa for Africa”, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.2003 : Maison des Artistes à Anderlecht.
2004 : Expo au Fine Art Gallery à Bruxelles. Galerie A.D.A. à Bruxelles. Foire d’art contemporain de Lille, France.
2008 : “Black Paris – Black Bruxelles” au-  musée d’Ixelles, Bruxelles et Salon d’art contemporain à Lille –  “2ème édition du Salon de l’art africain contemporain” à Bruxelles -“Truc-Troc”, Bruxelles.
2010 : “Extraordinaire Visions”, Artfest, Dallas, Texas, Etats-Unis. Exposition focus à Bâle, Suisse.
2011 : “50 ans 50 artistes” à l’espace Wallonie de Bruxelles - 2011 : “Truc-Troc”, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles.
2014 : “Le Visionnaire” – Peintures, textiles, sublimation, marquages”, Kuumba, La Maison africaine – flamande, Ixelles. “Moyens du bord – peintures, sculptures, installation”, Galerie Lumières d’Afrique, Bruxelles.

2016 : ” Pourquoi est-elle devenue Blanche ?”, Sogo Galerie, Bruxelles - ” Le monde des idées ” – Galerie lumières d’Afrique, Bruxelles.

Du 22 septembre au 29 octobre 2017 : “Appellation Revendiquée” – Hôte Gallery – 203, rue Haute à 1000 Bruxelles – Vernissage : Le jeudi 21 septembre de 18 à 21 h 00 – Performance de l’homme Canette

22406298_10214500231082721_2193314542591999857_n

Appellation Revendiquée” – Hôte Gallery


22405515_10214500225362578_2456222576464083752_n

 

22406249_10214498838007895_5792570337352525895_n

Appellation Revendiquée” – Hôte Gallery

22308951_10155744167892497_5757564321296230222_n

22382141_10155744171847497_8002627914365222495_o

John Bulteel, Alexandra Naoumofski, Bers Grandsinge, Hôte Gallery

 

 

 

22406413_10214498836887867_4910216722538283245_n

Entrée de Bers Grandsinge à Paris

 

 

12919648_10210004183480113_8036798764122747845_n

Appellation Revendiquée” – Hôte Gallery

 

21686430_10215578842243098_6135560700157392514_n

Appellation Revendiquée” – Hôte Gallery

14086370_10211291958833692_3932496293935256336_o

aux Beaux arts de Kinshasa, la “technique de Bers

 

20479985_10215070343770954_968375212521309418_n

16729321_10213325748157154_8224615020039987831_n

A Bruxelles, Bers a exposé pour la première fois chez Louis Hutse

(1) Chuck “ KOOL KOOR” HARGROVE vit et travaille en Belgique. Charles Hargrove, alias KOOL KOOR, né à New York en 1963, est un artiste précurseur du graffiti, un pur produit du South Bronx. Fils de peintres, il étudie l’architecture et l’illustration, tout en se passionnant pour le graffiti. Passé des murs aux toiles, il expose à 16 ans chez Fashion Moda, la première galerie qui s’intéressera aux artistes du Bronx.

H3892-L96401038_mid

KOOL KOOR (1963) The long arm of the koor, 1984

Après avoir participé aux expositions importantes sur l’Art du Graffiti à New York, il a dynamisé son travail d’art en exposant dans des galeries et des musées à travers le monde. On trouvera KOOL KOOR dans des collections réputées comme The Metropolitan (NYC), Chicago Renaissance Society, The Butler Museum, The Groninger Museum (Pays-Bas)… Aujourd’hui, KOOL KOOR crée des oeuvres qui nous font prendre conscience que la vie telle que nous la voyons n’est pas réelle du tout. Il existe plusieurs autres niveaux de réalité que nous refusons de voir. Le travail de KOOL KOOR s’articule autour d’un mot-clé : l’architecture. Depuis son enfance, KOOL KOOR a toujours été fasciné par l’architecture et il n’a jamais cessé de la reproduire à travers sa propre vision de l’univers, développant picturalement des mondes parallèles qui s’enchevêtrent de façon très fluide à l’aide de structures labyrinthiques omniprésentes. Les structures architecturales tournent et se tortillent comme les faisceaux de nerfs dans l’anatomie humaine. L’utilisation de formes robotisées nous rappelle qu’il y a toujours un lien vers une autre réalité. Récemment, KOOL KOOR est entré dans une phase où l’architecture même de ses tableaux atteste d’une mutation spectaculaire, prenant en compte les différentes périodes qui ont composé sa déjà longue carrière d’artiste. KOOL KOOR nous livre des œuvres synthétiques où mouvement et profondeur prédominent, générés par d’amples volutes à la brosse dans lesquelles viennent se couler des labyrinthes liquides, corridors fluides reliant les différents niveaux de réalité. KOOL KOOR a largement dépassé le simple stade du graffiti et, tout en gardant son style intrinsèque et unique, évolue maintenant dans un surréalisme « galactique ». Jusqu’en mars 2015, KOOL KOOR a exposé à l’Espace Dali, à Montmartre, une toile en hommage au maître absolu du surréalisme. Cette toile intitulée « Thunder » fait référence au tableau de Dali « Santiago El Grande ». Philippe COUPELLIER, Covart Gallery…

20690103_10215192387101961_7839038419086977967_o

Appellation Revendiquée” – Hôte Gallery

“Every line means something”, Jean Michel Basquiat

 

17203226_10212440062935278_8195947200761755355_n

François Coorens

17201211_10212440062975279_7791224512999030473_n

Hôte Gallery estime qu’il est important de préserver notre art traditionnel artisanal. Le patrimoine de nos ancêtres qui ne correspond plus au goût actuel mais que l’on peut récupérer et intégrer dans la société moderne. Les matériaux anciens ne devraient pas être considérés comme des déchets, mais comme une source d’inspiration et une base pour des idées nouvelles et modernes. Cela peut être fait littéralement par le recyclage, mais aussi par une récupération plus philosophique.

17201052_10212440064495317_8580530025603655918_n

17200880_10212440064695322_4341171826348078912_n

17191347_10212440063495292_4256841880255234880_n

François Coorens

 Hôte Gallery se passionne de l’art de ses artistes et de l’évolution de leur travail. La productivité de l’artiste joue également un rôle important.

17190728_10212440063455291_6680901382349295682_n

17190593_10212440062775274_1879866553390208093_n

François Coorens

Hôte Gallery est stricte dans le choix des artistes qu’elle représente parce qu’elle aimerait que leurs œuvres touchent le public. En s’appropriant une toile, l’acheteur  assure que non seulement l’artiste peut «vivre», mais aussi que la culture survit à l’art lui-même. 

Hôte Gallery remercie tous les artistes et passionnés d’art qui ont été réunis tout au long de cette première année riche en émotions et qui ont aidé à promouvoir notre espace. La belle aventure continue en 2018…
Grâce à eux, à leurs idées, à leurs visions, nous avons beaucoup évolué et comptons toujours sur votre soutien pour continuer à progresser tout au long de l’année nouvelle.

images

John Bulteel

boris

exposition de Boris Mestchersky et Yolanda & H